- Le constructeur Airbus étudie la vente de sa filiale américaine Airbus OneWeb Satellites (AOS), basée en Floride.
- Cette décision vise à concentrer les efforts sur un projet d’alliance européenne historique avec Thales et Leonardo face à SpaceX.
- La division spatiale d’Airbus a subi de lourdes pertes, enregistrant 1,3 milliard d’euros de charges financières au cours de l’année 2024.
- Le projet de rapprochement européen, initié en octobre 2025, cible un lancement opérationnel pour l’année 2027.
Un recentrage stratégique outre-Atlantique

Le constructeur aéronautique et spatial européen Airbus explore activement la possibilité de se séparer de ses actifs industriels situés aux États-Unis. Cette démarche s’inscrit dans une volonté de rationaliser ses opérations après plusieurs exercices complexes pour sa division spatiale. L’entreprise sonderait actuellement le marché pour céder sa filiale américaine Airbus OneWeb Satellites, qui détient notamment une usine d’assemblage en Floride ainsi que la gamme de petits satellites « Arrow ». Ces équipements de télécommunications s’adressent à des clients civils, commerciaux et de sécurité nationale.
Le bilan de l’aventure industrielle en Floride
La présence d’Airbus sur le sol américain avait franchi une étape majeure en janvier 2024, lorsque le groupe était devenu l’unique propriétaire de cette coentreprise après le rachat des parts d’Eutelsat-OneWeb. Fondée en 2016, la structure a produit plus de 600 satellites pour la constellation de première génération OneWeb. Le chiffre d’affaires de cette branche américaine est aujourd’hui estimé à plusieurs centaines de millions de dollars. Malgré ces capacités industrielles avérées, les difficultés globales du secteur des télécommunications spatiales poussent le groupe à revoir ses priorités géographiques.
Faire face à de lourdes difficultés financières
Cette réorganisation intervient alors qu’Airbus a dû faire face à de fortes turbulences financières au sein de ses activités spatiales traditionnelles. En 2024, le groupe européen a enregistré une charge financière massive de 1,3 milliard d’euros sur ses programmes spatiaux, dont 300 millions d’euros pour le seul quatrième trimestre. Ces difficultés persistantes ont accéléré la nécessité d’une restructuration en profondeur et d’une consolidation des forces à l’échelle européenne.
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Une alliance européenne pour défier la concurrence
Le retrait programmé des activités américaines doit permettre à Airbus de mobiliser ses ressources autour d’un grand projet de rapprochement avec Thales et Leonardo. Les trois industriels ont signé un protocole d’accord en octobre 2025 pour créer un champion européen capable de rivaliser avec le géant américain SpaceX et les acteurs étatiques chinois. La future entité commune attend désormais le feu vert de la Commission européenne pour un lancement prévu en 2027, ce qui marquerait un tournant pour la souveraineté spatiale du continent.