- Le P.-D.G. de Volkswagen, Oliver Blume, qualifie la situation du groupe de « plus que critique » en raison de la concurrence chinoise et de la baisse de la demande.
- Le constructeur subit une surproduction annuelle de 500 000 véhicules en Europe et remet en cause la rentabilité de plusieurs usines d’ici à 2030.
- Un plan de suppression de 50 000 emplois est en cours, avec déjà 37 000 accords conclus auprès des salariés.
- La présidente du syndicat IG Metall, Christiane Benner, promet une vive résistance face aux menaces de fermetures de sites.
Une crise sectorielle sans précédent pour l’automobile allemande
Dans une communication interne adressée au personnel avant de futures consultations, le président-directeur général du groupe Volkswagen, Oliver Blume, a dressé un constat particulièrement inquiet de la santé financière du premier constructeur automobile européen. Selon le dirigeant, Volkswagen et l’ensemble de l’industrie automobile allemande font face à la plus grande tourmente de leur histoire. Ce constat alarmant s’explique par la combinaison d’une conjoncture économique mondiale défavorable et d’une concurrence accrue venue de Chine. À ces difficultés s’ajoute un problème de surcapacité structurelle, le groupe étant confronté à une surproduction évaluée à environ 500 000 véhicules par an sur le marché européen.
L’avenir incertain des usines allemandes et les pistes de reconversion
Face à ce marasme, la direction du groupe mène une évaluation stricte de ses capacités de production. Bien que la fermeture de sites demeure considérée comme la solution ultime et la plus coûteuse, Oliver Blume a prévenu qu’aucun levier ne permettait actuellement de garantir la rentabilité des usines d’Emden, de Hanovre, de Zwickau et de Neckarsulm à l’horizon des années 2030. Faute de rentabilité à long terme, Volkswagen explore des alternatives industrielles pour certains sites, incluant des négociations avancées avec l’industrie de la défense pour l’usine d’Osnabrück. Le dirigeant doit prochainement se rendre devant les salariés lors de réunions prévues au siège de Wolfsburg ainsi que sur les sites de Zwickau et d’Emden afin de détailler ses orientations.
Un plan de rigueur financière freiné par l’actionnariat public
La restructuration engagée par le groupe automobile passe également par un dégraissage massif de sa masse salariale. Alors qu’un plan global de réduction de 50 000 emplois a été validé, Volkswagen a déjà conclu des accords avec 37 000 collaborateurs. Oliver Blume a insisté sur la nécessité d’un soutien unanime à ces mesures pour redresser la barre. Toutefois, le calendrier s’avère complexe : des projets d’économies présentés en juillet au conseil de surveillance n’avaient pas été validés. Le gouvernement du Land de Basse-Saxe, actionnaire clé détenant 20 % des droits de vote au sein du groupe, s’était alors opposé à l’approbation de ces arbitrages budgétaires.
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Le front syndical s’organise contre les fermetures
Les perspectives d’économies supplémentaires provoquent une vive tension avec les partenaires sociaux. La présidente du syndicat IG Metall, Christiane Benner, a fermement condamné les intentions du directoire en promettant une forte résistance des salariés face aux risques de fermeture d’usines. Qualifiant ces annonces de nouvelle gifle pour des travailleurs ayant déjà consenti de lourdes concessions par le passé, la représentation syndicale marque son opposition ferme à des décisions d’austérité jugées inacceptables.
Article rédigé par La Revue à partir de sources d’actualité.