- Lors d’un discours le 8 septembre 2026, Donald Trump a affirmé avoir été évacué par des pompiers près de Ground Zero en 2001.
- Plusieurs observateurs et un ancien chef des pompiers, Richard Alles, réfutent la présence de l’ancien président sur les lieux de la catastrophe.
- Ses opposants politiques, notamment les gouverneurs démocrates Gavin Newsom et JB Pritzker, dénoncent une instrumentalisation mémorielle.
Un récit personnel contesté lors des commémorations
Le 8 septembre 2026, à l’approche du 25e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, Donald Trump s’est exprimé devant des familles de victimes et de secouristes à proximité de la Maison Blanche. Durant son allocution, le président américain s’est mis en scène au cœur des événements tragiques survenus à New York un quart de siècle plus tôt. Il a notamment raconté s’être rendu sur place immédiatement après les attaques avec ses équipes de construction. Il a affirmé qu’il se trouvait près du United States Steel Building, actuel One Liberty Plaza, lorsque l’édifice menaçait de s’effondrer. Selon sa version, deux pompiers de grande taille l’auraient alors saisi par le bras pour l’évacuer en courant face au danger direct. Cette prise de parole a immédiatement déclenché une vive polémique outre-Atlantique quant à la véracité de ce témoignage historique.
Des contradictions historiques pointées par ses détracteurs
Les déclarations de Donald Trump se heurtent à plusieurs témoignages et documents d’époque qui contredisent sa version des faits. Le jour même de la catastrophe, le 11 septembre 2001, l’homme d’affaires s’était exprimé par téléphone depuis la Trump Tower, située à plusieurs kilomètres du World Trade Center, déclarant de manière controversée que son immeuble devenait alors le plus haut de Manhattan. De plus, aucun élément probant ne confirme qu’il ait été escorté ce jour-là ou les suivants par des secouristes près du One Liberty Plaza, un bâtiment effectivement endommagé lors des attaques. Par ailleurs, l’affirmation selon laquelle il aurait mobilisé ses propres salariés pour participer au déblaiement des décombres a déjà été démentie par le passé. Richard Alles, l’un des chefs des pompiers de New York à cette époque, avait affirmé en 2019 n’avoir jamais croisé l’homme d’affaires sur le site de Ground Zero.
Une offensive de l’opposition démocrate
Sans surprise, cette sortie mémorielle a provoqué une levée de boucliers immédiate au sein de l’opposition démocrate, qui accuse le président de déformer la réalité à des fins de communication personnelle. Le gouverneur de l’Illinois, JB Pritzker, a vivement réagi en qualifiant Donald Trump de narcissique, tandis que le sénateur Alex Padilla a soutenu que l’ancien promoteur immobilier se trouvait en réalité dans ses appartements de la Trump Tower et non sur les décombres de Manhattan. De son côté, le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a qualifié d’inacceptable le fait de travestir la réalité d’un tel drame national. Des critiques émanent également de voix conservatrices, à l’instar de l’éditorialiste David French, qui a déploré l’aplomb du président dans ses déclarations. Ces tensions illustrent la polarisation extrême persistante aux États-Unis autour de la figure de Donald Trump, alors que le pays s’apprête à commémorer cette tragédie nationale.