- Le ministère de la Transition écologique déploie de nouvelles mesures pour contrer le commerce illégal d’animaux et de végétaux.
- La surveillance des réseaux sociaux et des flux aéroportuaires devient une priorité pour les douanes et la gendarmerie.
- L’État va mettre en place un système national de collecte et de destruction des stocks d’ivoire.
Un plan d’action contre un commerce criminel en expansion

Le ministère de la Transition écologique a annoncé cette semaine un renforcement significatif des moyens de lutte contre le trafic d’espèces sauvages sur le territoire national. Ce commerce illicite, qui touche plus de 4 000 espèces dans 160 pays, représente un enjeu financier mondial estimé à plus de 20 milliards de dollars par an. En raison de l’importance de ses infrastructures portuaires et aéroportuaires, la France demeure un carrefour stratégique pour les réseaux criminels acheminant des animaux vivants ou des produits dérivés, tels que la viande de brousse en provenance d’Afrique. Les autorités constatent une visibilité accrue de ce marché clandestin qui s’affiche désormais ouvertement sur les réseaux sociaux et les plateformes de vente en ligne. Selon les experts de la protection animale, comme Ilaria Di Silvestre, ce négoce concerne aussi bien des spécimens exotiques destinés à devenir des animaux de compagnie que des espèces protégées destinées à la consommation alimentaire.
Une surveillance accrue des flux et des stocks
Pour répondre à cette menace, le gouvernement a décidé de placer le contrôle du commerce numérique et des frontières au sommet des priorités opérationnelles. Cette mission mobilisera conjointement les agents des douanes, de la gendarmerie et de l’Office français de la biodiversité (OFB) afin de démanteler les filières d’importation illégale. Parallèlement, un volet spécifique dédié à l’ivoire prévoit la création de systèmes de collecte et de destruction gérés directement par les services de l’État. Cette mesure doit permettre aux particuliers possédant des objets en ivoire, notamment par héritage, de s’en défaire de manière sécurisée sans alimenter les circuits commerciaux. L’objectif de ce dispositif est d’éliminer définitivement les stocks disponibles afin d’éviter que des pièces anciennes ne servent de couverture au trafic de défenses récentes. Cette stratégie globale vise à réduire l’attractivité de la France comme zone de transit tout en luttant contre le financement du crime organisé.