- Pékin a reçu le ministre des Affaires étrangères iranien Abbas Araghchi avant le sommet entre Xi Jinping et Donald Trump.
- La Chine s’oppose aux sanctions américaines contre l’Iran tout en exigeant la réouverture stratégique du détroit d’Ormuz.
- Malgré d’importantes réserves stratégiques, la Chine puise dans ses stocks de brut pour compenser les perturbations liées au conflit, selon des données de 2025.
Une activité diplomatique intense entre Pékin et Téhéran
À quelques jours d’une entrevue décisive entre le président chinois Xi Jinping et Donald Trump, la diplomatie chinoise a marqué sa volonté d’intervenir dans la crise iranienne en recevant officiellement le chef de la diplomatie de Téhéran, Abbas Araghchi. Cette séquence illustre la position d’équilibre complexe que tente de maintenir Pékin, qui refuse de se laisser dicter une résolution du conflit par Washington. Si la Chine condamne fermement les actions militaires américaines et israéliennes ainsi que les mesures coercitives prises contre la République islamique, elle n’en demeure pas moins préoccupée par la stabilité de la région. Pékin entend peser sur les négociations sans sacrifier ses alliances stratégiques ni ses intérêts souverains.
La dépendance énergétique chinoise à l’épreuve du conflit
Le conflit en cours, qui dure depuis sept mois, place la Chine dans une situation de vulnérabilité accrue en raison de son approvisionnement énergétique. Bien que les importations de pétrole brut en provenance d’Iran ne représentent qu’environ 12 % des besoins totaux du pays, le blocage potentiel du détroit d’Ormuz constitue un risque majeur pour le géant asiatique, importateur à 70 % de sa consommation. Pour pallier ces aléas, Pékin s’appuie sur des réserves stratégiques estimées entre 1 et 1,4 milliard de barils. Toutefois, des analystes comme Clyde Russell notent que ces stocks, prévus pour couvrir plus de 250 jours d’importations, sont entamés depuis le mois d’août par une demande persistante. La pérennité de la croissance chinoise est directement corrélée à sa capacité à sécuriser ses flux énergétiques mondiaux face aux turbulences géopolitiques.
L’impossible alignement des agendas chinois et américain
Le différend entre Washington et Pékin ne porte pas seulement sur la méthode, mais sur la finalité du conflit iranien. Si les États-Unis cherchent à affaiblir durablement Téhéran, la Chine perçoit les opérations militaires en cours comme une agression injustifiée menée par le tandem américano-israélien. La stratégie chinoise, décrite comme un exercice d’équilibriste, vise à éviter que la situation au Moyen-Orient ne devienne un point de friction insurmontable avec l’administration Trump, tout en affirmant que les revendications fondamentales de l’Iran sont légitimes. À terme, Pékin espère une résolution qui garantirait la libre circulation dans le détroit d’Ormuz sans pour autant céder à la pression de Washington visant à isoler davantage la République islamique. La recherche d’une souveraineté énergétique accrue demeure le moteur central de la politique étrangère chinoise dans le Golfe.