- La Chambre des représentants a approuvé par 262 voix contre 159 un texte renforçant l’arsenal de sanctions visant Moscou.
- La loi autorise Donald Trump à appliquer des droits de douane allant jusqu’à 100% sur les cinq principaux pays importateurs d’énergies russes, dont la Chine et l’Inde.
- Le texte vise pour la première fois la flotte fantôme russe, le secteur de la défense, le président Vladimir Poutine ainsi que l’Iran.
Une démonstration de force budgétaire et diplomatique au Capitole

Le Congrès américain a franchi une étape décisive dans le renforcement de la pression économique exercée contre Moscou. Réunis mercredi pour trancher sur le dossier, les députés de la Chambre des représentants ont validé le nouveau paquet de sanctions par 262 voix contre 159. Ce texte, qui avait déjà reçu un soutien massif au Sénat au début du mois d’août avec un résultat de 86 voix contre 11, constitue l’offensive législative la plus marquée à l’encontre du pouvoir russe depuis le retour aux affaires du président américain. Il réaffirme la volonté des institutions américaines de cibler les flux financiers qui alimentent le trésor de guerre du Kremlin en s’en prenant directement à ses secteurs économiques stratégiques.
L’arme douanière au cœur de la stratégie américaine
Au centre de ce dispositif législatif figure un levier coercitif particulièrement puissant confié à l’exécutif américain. La loi donne explicitement le pouvoir au président Donald Trump d’imposer des droits de douane pouvant atteindre jusqu’à 100% sur les produits issus des cinq principaux pays acheteurs de pétrole et de gaz russes. Sont directement visées des puissances économiques majeures, au premier rang desquelles figurent la Chine et l’Inde. Outre cette menace tarifaire sur le commerce énergétique, le texte frappe pour la toute première fois la flotte fantôme mobilisée par la Russie pour contourner les restrictions internationales, tout en renforçant les sanctions ciblées contre le secteur de la défense, le président Vladimir Poutine, plusieurs hauts dirigeants russes, ainsi que l’Iran.
Un équilibre politique subtil entre le Congrès et la Maison-Blanche
L’aboutissement de ce texte est le fruit de négociations complexes entre le pouvoir législatif et l’exécutif. L’initiative avait été lancée dès le mois d’avril 2025 par le sénateur républicain Lindsey Graham, figure majeure du soutien à l’Ukraine décédée en juillet dernier. Initialement, Donald Trump avait freiné le projet, privilégiant l’action directe par voie d’ordonnances exécutives plutôt qu’un texte élargissant les prérogatives du Congrès. Un compromis trouvé au début de l’été a permis d’obtenir l’aval de la Maison-Blanche. Du côté de l’opposition démocrate, bien que l’aide à l’Ukraine fasse consensus, l’octroi de pouvoirs douaniers élargis au président républicain a suscité de fortes réserves à la Chambre, les surtaxes commerciales constituant son instrument privilégié.
À lire aussi États-Unis : le Pentagone admet des pénuries de munitions face à l’Iran
L’urgence du terrain et le calendrier électoral à Washington
L’adoption finale du texte s’inscrit dans un contexte d’intensification des frappes et de contraintes électorales immédiates. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’était personnellement investi lors d’une visite à Washington en juillet pour accélérer l’adoption de ces mesures d’asphyxie financière. Sur le théâtre d’opérations, une récente attaque de drone russe sur un bus dans le sud de l’Ukraine a encore coûté la vie à au moins cinq personnes, incitant les représentants des organisations civiles comme Razom We Stand à exiger une application stricte des sanctions votées. Par ailleurs, les parlementaires américains ont dû clore ce dossier en urgence avant de quitter la capitale pour lancer leur campagne en vue des élections législatives de mi-mandat prévues le 3 novembre.