- Une nouvelle enquête menée à Gaza révèle que la malnutrition chronique affecte désormais 12,2 % des enfants de moins de cinq ans.
- Les admissions pour malnutrition aiguë sont passées de près de 17 000 en août 2025 à moins de 3 000 en mars 2026.
- La pérennité de ces progrès dépend d’un accès humanitaire et commercial continu, selon Edouard Beigbeder.
Une situation nutritionnelle précaire révélée par une enquête
Une étude menée entre fin mai et mi-juin 2026 dans les zones accessibles de la bande de Gaza met en lumière une crise nutritionnelle complexe. Si la malnutrition aiguë chez les moins de cinq ans reste faible, la malnutrition chronique ou retard de croissance affecte désormais 12,2 % de ces enfants. Cette situation s’explique par une alimentation de très mauvaise qualité : près de trois quarts des enfants âgés de 6 à 23 mois ont consommé des aliments nocifs pour la santé la veille de l’enquête, et seuls 22,4 % d’entre eux bénéficient d’un régime alimentaire minimal acceptable. De plus, 37,1 % des enfants de cette tranche d’âge ont souffert de diarrhée récemment, illustrant l’impact des conditions sanitaires dégradées. Ce diagnostic ne concerne toutefois que les zones sûres, excluant environ 17 % de la population totale du territoire, soit environ 358 000 personnes inaccessibles aux enquêteurs.
Des progrès fragiles liés à l’aide humanitaire
L’amélioration relative constatée ces derniers mois s’explique par l’augmentation de l’aide humanitaire et la reprise du commerce après le cessez-le-feu d’octobre 2025. Les admissions pour le traitement de la malnutrition aiguë sont ainsi passées d’un pic de près de 17 000 cas en août 2025, en pleine période de famine, à moins de 3 000 en mars 2026. Cependant, les Nations unies alertent sur la réversibilité rapide de ces avancées. Les progrès constatés restent extrêmement fragiles et dépendent entièrement d’un accès humanitaire durable et de financements continus. Edouard Beigbeder, responsable régional pour le Moyen-Orient, souligne que la survie des enfants ne dépend pas uniquement d’un apport calorique suffisant, mais requiert un accès pérenne à l’eau potable, à des soins médicaux et à une alimentation diversifiée sous peine de voir la situation se détériorer à nouveau rapidement.