- La Mission de l’ONU alerte sur une escalade de la répression d’État en Iran, marquée par des meurtres à une échelle massive.
- Le régime de Téhéran a reconnu plus de 3 000 morts lors des manifestations de l’hiver dernier, les imputant à l’influence étrangère.
- Les enquêteurs onusiens soupçonnent Washington de crimes de guerre suite à des frappes ayant tué 150 civils dans une école.
Une répression intérieure d’une violence systémique

Le rapport de la Mission internationale indépendante d’établissement des faits, qui sera présenté prochainement au Conseil des droits de l’Homme, dresse un constat alarmant de la situation en Iran. Selon les enquêteurs, la population civile est actuellement victime d’une double menace : d’une part, une répression étatique qualifiée d’extrême et, d’autre part, les retombées d’un conflit armé extérieur. Les experts dénoncent une intensification de la violence dans les 31 provinces du pays, avec des bilans particulièrement lourds dans des centres urbains majeurs tels que Téhéran, Mashhad ou Ispahan. Le rapport fait état d’arrestations arbitraires massives, de cas de torture et d’un recours systématique à l’isolement pour briser la contestation. Entre mars et août 2026, au moins 29 exécutions sommaires liées aux manifestations ont été recensées, tandis que 70 autres personnes, dont des mineurs, demeurent sous la menace immédiate de la peine capitale. La Mission internationale indépendante souligne que l’utilisation croissante de la peine de mort par Téhéran constitue désormais un instrument explicite d’intimidation et de contrôle social.
Le basculement d’une crise sociale vers un conflit ouvert
Pour comprendre cette situation dramatique, il faut remonter à l’hiver dernier. Initialement déclenché en décembre pour protester contre l’inflation et l’effondrement du niveau de vie, le mouvement de contestation s’est rapidement mué en une révolte antigouvernementale d’envergure, culminant début janvier. Le pouvoir iranien a répondu par une force disproportionnée, justifiant ses actions par la nécessité de neutraliser des « actes terroristes » qu’il attribue à une orchestration par Israël et les États-Unis. Ce climat de tension interne a été aggravé par le déclenchement, fin février 2026, d’un conflit armé marqué par des frappes israélo-américaines sur le sol iranien. En réaction, le régime a instauré un black-out numérique prolongé, coupant les citoyens du monde extérieur pendant plusieurs mois pour étouffer toute remontée d’information. Cette escalade marque une rupture historique par rapport aux crises précédentes, tant par l’ampleur des homicides que par les moyens technologiques et législatifs déployés pour isoler les communautés.
Des accusations de crimes de guerre portées contre Washington
L’autre volet majeur du rapport concerne l’implication directe des forces américaines dans le calvaire des civils iraniens. La mission d’enquête dispose de motifs raisonnables pour affirmer que les États-Unis ont commis des crimes de guerre lors de l’offensive lancée le 28 février dernier. Les enquêteurs citent notamment le bombardement d’une école primaire à Minab, une attaque sans discrimination qui a coûté la vie à plus de 150 personnes, dont une immense majorité d’enfants. D’autres frappes sur des zones résidentielles et un complexe sportif à Lamerd ont également causé la mort de 22 civils. Cette situation place la population civile dans un étau géopolitique où elle subit simultanément les exactions de son propre gouvernement et les frappes meurtrières de puissances étrangères. Le rapport conclut que nombre de ces actes, qu’ils soient le fait de Téhéran ou des belligérants occidentaux, s’apparentent à des crimes contre l’humanité et des violations graves du droit international. Le sort des civils iraniens est aujourd’hui sacrifié sur l’autel d’un affrontement entre la souveraineté répressive d’un régime aux abois et l’interventionnisme militaire de Washington.