- Donald Trump a proféré des menaces d’actions militaires contre le sultanat d’Oman, accusé de gêner les objectifs américains.
- Mascate mène des pourparlers directs avec Téhéran pour réglementer le passage dans le détroit d’Ormuz, par où transitait un cinquième du pétrole mondial.
- Les marchés énergétiques ont réagi à la hausse, le baril de Brent atteignant 91,22 dollars et le WTI grimpant à 84,99 dollars.
- Malgré les invectives, le président turc Recep Tayyip Erdogan pousse à la diplomatie, tandis que l’émissaire Jared Kushner maintient le dialogue.
Invectives américaines contre la médiation omanaise
Lors d’un entretien accordé au journaliste Trey Yingst de Fox News, le président américain a franchi un nouveau cap dans sa rhétorique en menaçant directement le sultanat d’Oman d’interventions militaires. Donald Trump a affirmé que les États-Unis n’hésiteraient pas à cibler le pays si celui-ci venait à entraver la stratégie de Washington concernant le détroit d’Ormuz. Face aux pourparlers menés en dehors de Washington entre Mascate et Téhéran, le président américain a vivement réagi en évoquant de possibles frappes aériennes. Cette sortie virulente survient alors que le sultanat, historiquement reconnu pour sa neutralité et son rôle de médiateur régional, tente de négocier un accord bilatéral avec l’Iran sur la circulation maritime. Pour Nate Swanson, chercheur à l’Atlantic Council, ces menaces reflètent surtout la frustration de la Maison-Blanche face à l’absence de solutions simples dans ce conflit déclenché à la fin du mois de février 2026.
L’enjeu stratégique d’Ormuz et ses répercussions économiques
Le détroit d’Ormuz demeure le point névralgique de cette crise majeure entre les côtes iraniennes et omanaises. Avant le début des hostilités et de l’attaque israélo-américaine, environ 20 % des hydrocarbures mondiaux transitaient par cette voie fluviale étroite. Téhéran maintient un verrouillage presque continuel du passage en riposte au blocus maritime imposé par les forces américaines sur les ports iraniens. La rhétorique présidentielle a immédiatement provoqué une hausse des cours mondiaux du pétrole brut lors des échanges asiatiques. Le baril de Brent de la mer du Nord s’est inscrit en hausse de 0,4 % à 91,22 dollars, tandis que le WTI américain progressait de 0,6 % pour atteindre 84,99 dollars. De son côté, le pouvoir iranien martèle que la gestion du détroit relève exclusivement de sa souveraineté nationale.
Maintien des canaux diplomatiques sous haute tension
Dans ce climat d’escalade, le président turc Recep Tayyip Erdogan s’est entretenu par téléphone avec Donald Trump pour plaider en faveur d’une résolution négociée et offrir son soutien aux démarches de paix. Malgré la virulence des déclarations publiques, des contacts discrets continuent d’être entretenus entre les belligérants. L’émissaire américain Jared Kushner a qualifié les discussions en cours de « très positives », bien qu’il ait reconnu un net manque de confiance mutuelle. Selon des informations confirmées par la presse américaine, une ligne de communication directe resterait active entre Washington et les Gardiens de la Révolution. Alors que Donald Trump réclame une capitulation de l’Iran avant les élections américaines de mi-mandat en novembre, les diplomates iraniens et omanais poursuivent la rédaction d’une déclaration conjointe sur le trafic maritime.