h6 class= »wp-block-heading »>Par Émilie Delorme · samedi 25 avril 2026
Longtemps attendue, la première incursion de la maison Lemaire dans l’univers de la parfumerie aurait pu prendre les chemins classiques d’une eau de parfum ou d’une eau de toilette. Pourtant, fidèle à son essence minimaliste et son approche singulière du luxe, Lemaire surprend. Loin des flacons vaporisateurs traditionnels, la marque propose une collection d’objets aux formes organiques et aux textures variées: un long tressage de lin évoquant une chevelure, une forme abstraite en argile céramique, des coussins en coton naturel garnis de copeaux de sapin de Douglas, deux anneaux de bois entrelacés et un œuf en céramique rond qui s’ouvre pour révéler une petite boule en céramique. Cet assortiment, en apparence disparate et insolite, n’est autre que la matérialisation de l’entrée de Lemaire dans le monde du parfum.
À première vue, cette proposition pourrait sembler déroutante, presque à contre-courant de ce que l’on attend d’une ligne de fragrances de luxe. Mais, à y regarder de plus près, c’est précisément ce qui rend cette démarche quintessentiellement Lemaire. La maison française se plaît à subvertir chaque attente, à réinventer les codes de l’élégance tout en demeurant d’une suprême suavité. Plutôt que de s’inscrire dans une tradition olfactive linéaire, Lemaire privilégie une expérience sensorielle diffuse, intime et profondément liée à l’habitat. C’est une invitation à repenser la manière dont le parfum interagit avec notre environnement personnel, nos objets du quotidien et, ultimement, notre garde-robe.

L’art du parfum réinventé par Lemaire
Les cinq fragrances de cette collection inaugurale ne sont pas conçues pour être vaporisées directement sur la peau, ni même sur les textiles à la manière d’un parfum d’intérieur classique. Leur vocation est de s’imprégner dans cette série d’objets, ces céramiques aux formes originales, ce lin tressé, ces coussins ou ces anneaux de bois, afin de diffuser leurs effluves distincts à travers l’espace. Le geste devient ainsi plus intentionnel, plus lent, s’inscrivant dans une routine où le parfum n’est plus un simple accessoire mais une composante à part entière de l’art de vivre. Lemaire, comme à son habitude, ramène tout à l’art et à une manière artistique d’habiter le monde, de le ressentir. Ces objets deviennent des supports d’expression, des diffuseurs discrets qui imprègnent l’atmosphère d’une élégance olfactive subtile et persistante. C’est une démarche qui privilégie l’expérience immersive à la performance éphémère.


Des objets olfactifs, une expérience sensorielle
Chaque pièce de cette collection est pensée pour interagir différemment avec l’espace et les sens. Les deux céramiques destinées à être parfumées sont le fruit d’une collaboration avec la succession de l’artiste céramiste française Annie Fourmanoir. Ses formes expérimentales, souvent abstraites et organiques, se marient ici à des arômes précis: un souffle boisé et épicé pour l’une, et les notes fumées de Bois d’Ombre pour l’autre. Ces objets ne sont pas de simples contenants, mais des œuvres d’art à part entière qui prennent vie au contact du parfum, invitant à une contemplation autant visuelle qu’olfactive. Il y a là une véritable alchimie entre la matière brute, le geste artistique et l’essence volatile, créant une synergie inédite.

Quand l’art infuse le quotidien
Le tressage de lin, dont l’apparence rappelle une longue chevelure tressée, évoque quant à lui un hommage aux matériaux artistiques insolites utilisés par des créateurs comme ANCHOR_0. Cet objet requiert un traitement particulier: à l’inverse des autres pièces parfumées conçues comme de véritables œuvres d’art à expo…