- Une intersyndicale réunissant la CGT, la FSU et Solidaires appelle à des marches le 26 septembre 2026 pour le climat et la paix.
- Les organisations réclament la création d’un droit d’arrêt d’activité en cas de forte chaleur et des recrutements ciblés dans les SDIS et l’ONF.
- Sur le plan fiscal et économique, le texte réclame la taxation des superprofits ainsi qu’un plan de soutien prioritaire au secteur ferroviaire.
- La plateforme contestataire s’oppose également aux dépenses d’armement et propose la réaffectation des crédits de la Défense nationale.
Une nouvelle alliance entre écologie et pacifisme social

À l’approche des arbitrages pour le projet de loi de finances, une coalition syndicale associant la CGT, la FSU et Solidaires s’est ralliée au Collectif national des Marches pour la Paix et au Collectif national des citoyens pour le climat et la paix. Ensemble, ces mouvements appellent à manifester dans toute la France la journée du 26 septembre 2026. L’objectif affiché consiste à lier la contestation sociale aux problématiques environnementales et à une critique explicite des dépenses militaires. Cette mobilisation intersyndicale entend peser directement sur la préparation du budget 2027 en imposant ses priorités économiques et politiques.
Le texte de l’appel prend appui sur les conséquences des canicules, des sécheresses et des incendies survenus au cours de la période estivale. Selon les organisations signataires, le gouvernement et le patronat auraient renoncé aux investissements nécessaires à l’adaptation du pays. Les syndicats mettent en avant la dégradation des conditions de travail du personnel médical, des agents territoriaux et des agriculteurs, tout en soulignant l’impact sanitaire à long terme de l’exposition aux fumées et aux particules fines.
Climat et travail : des exigences accrues pour les services publics
Sur le plan du droit du travail, la plateforme syndicale égrène un ensemble de revendications destinées à durcir la réglementation environnementale et sanitaire dans le monde professionnel. Les centrales réclament la mise en place d’un suivi médical renforcé et gratuit en faveur des sapeurs-pompiers, des agents publics et des citoyens exposés aux incendies. Parmi les mesures phares figure la création d’un droit d’arrêt d’activité sous l’autorité directe de l’inspection du travail en cas de fortes chaleurs.
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Afin de mettre en œuvre ce contrôle, les syndicats demandent le doublement des effectifs de l’inspection du travail ainsi que le rétablissement des Comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), supprimés lors des ordonnances de 2017. Le texte suggère d’élargir le mécanisme de chômage intempéries à l’ensemble des branches professionnelles soumises aux aléas climatiques. Il exige une modulation des rythmes de travail, un aménagement contraignant des horaires et des embauches massives dans les services publics de première ligne, en particulier au sein des Services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) et de l’Office national des forêts (ONF).
Un modèle économique fondé sur la taxation et la planification
Dans la perspective du budget 2027, les organisations d’opposition plaident pour une refonte de la fiscalité et de la politique industrielle par une intervention accrue de l’État. L’intersyndicale formule la demande récurrente d’une taxation des superprofits ainsi que des patrimoines financiers et immobiliers les plus élevés. Ces ressources fiscales nouvelles auraient pour vocation exclusive de financer la bifurcation écologique et la réfection des infrastructures nationales.
Les revendications portent sur un plan d’ampleur dédié à la rénovation thermique des bâtiments publics, des hôpitaux, des établissements scolaires et du parc de logements. Le document préconise un investissement massif dans les réseaux ferroviaires et électriques, tout en demandant la fixation de prix garantis pour assurer un revenu décent aux agriculteurs. Enfin, les centrales exigent la conditionnalité des aides publiques accordées aux entreprises à des critères sociaux et environnementaux stricts, tout en plaidant pour l’extension des prérogatives des salariés sur la stratégie de production des usines afin d’éviter les délocalisations.
La contestation des crédits de la Défense nationale
Outre les volets social et environnemental, l’initiative du 26 septembre se distingue par sa mise en cause directe de l’effort de défense de la Nation. Le Collectif national des Marches pour la Paix et l’intersyndicale dénoncent l’accélération des dépenses d’armement et la persistance de la menace nucléaire dans le contexte géopolitique actuel. L’intersyndicale conteste directement la réallocation des ressources budgétaires vers la souveraineté militaire et les armées.
S’appuyant sur la Charte des Nations unies et les règles du droit international, les organisateurs défendent une conception de la sécurité nationale centrée sur les besoins sociaux, la santé et l’éducation. Ils demandent le transfert des crédits aujourd’hui alloués à la modernisation des armées vers les services publics et la transition écologique. Cette position pacifiste s’inscrit en faux contre les orientations d’augmentation des budgets de la Défense prônées pour faire face aux tensions mondiales émergentes.
Le budget 2027 en ligne de mire pour le front syndical
L’organisation de ces marches nationales vise à créer un rapport de force en amont de la présentation du prochain projet de loi de finances. Plusieurs syndicats représentatifs des sapeurs-pompiers ont confirmé qu’ils engageraient des actions spécifiques à compter du 26 septembre. Ce mouvement entend transformer les conséquences sociales et sanitaires de l’été en un levier d’action politique durable.
En réunissant revendications salariales, slogans antimilitaristes et impératifs climatiques, l’intersyndicale cherche à remobiliser sa base. Il reste à évaluer l’impact que pourra avoir ce rassemblement sur les arbitrages parlementaires alors que le gouvernement doit composer avec des contraintes budgétaires strictes et des impératifs régaliens majeurs pour la sécurité et la souveraineté du pays.