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vendredi 25 septembre 2026
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Arles : les associations environnementales appellent à une marche locale pour le climat

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Arles : les associations environnementales appellent à une marche locale pour le climat
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L’essentiel
  • Une nouvelle manifestation pour le climat est organisée à Arles ce samedi 26 septembre à 15 heures, au départ de la place de la République.
  • Une coalition de collectifs locaux, allant de Nacicca à Extinction Rebellion, souhaite recentrer le débat national sur les enjeux spécifiques du territoire provençal.
  • Les organisateurs dénoncent une dégradation de l’environnement local estimée à près de 30 % et s’opposent aux grands projets d’infrastructures comme la ligne THT de RTE.

Un retour à la rue pour les militants arlésiens

Cinq ans après la mobilisation historique de 2019, la commune d’Arles s’apprête à accueillir un nouveau rassemblement citoyen en faveur de l’environnement. Ce samedi 26 septembre, à partir de 15 heures, les rues de la cité antique résonneront au rythme des revendications écologiques locales. Le point de départ est fixé sur la place de la République, un lieu hautement symbolique du patrimoine arlésien. Pour les organisateurs, cette marche ne doit pas se contenter de relayer les slogans mondiaux sur le réchauffement de la planète, mais doit impérativement s’ancrer dans les réalités concrètes et physiques du territoire provençal. La préservation des paysages locaux et de la biodiversité spécifique de la Camargue et de la plaine de la Crau s’impose ainsi comme le véritable moteur de cette mobilisation d’automne. Le parcours prévu mènera le cortège devant la sous-préfecture, puis le long du boulevard des Lices et de la rue du 4-Septembre, pour s’achever devant les célèbres arènes d’Arles, dressant un pont symbolique entre le patrimoine historique et les défis naturels d’aujourd’hui.

Une alliance hétéroclite entre enracinement et militantisme global

L’appel à manifester rassemble un large éventail de collectifs dont les sensibilités et les méthodes divergent parfois profondément. D’un côté, des associations d’enracinement et de protection concrète de la nature, telles que Nacicca (Nature et citoyenneté en Crau, Camargue et Alpilles), Vigueirat Nature, les Flamants roses du Trébon, À nous la Draille ou Agir pour la Crau, défendent une vision pragmatique de la conservation des espaces naturels. De l’autre, des organisations aux accents plus idéologiques, comme Attac, la Ligue des droits de l’Homme ou le mouvement de désobéissance civile Extinction Rebellion, cherchent à greffer des revendications politiques globales sur ce terreau local. Cette coalition composite illustre la tension permanente au sein du mouvement écologiste entre la défense concrète du terroir et l’alignement sur des agendas partisans nationaux. Pour les observateurs locaux, la réussite de la marche dépendra de la capacité de ces différents acteurs à maintenir une cohérence territoriale sans céder aux dérives de la contestation systématique.

Le focus sur le territoire pour dénoncer le recul environnemental

Au cœur des revendications figure la volonté affirmée de ramener le débat écologique à l’échelle du bassin de vie arlésien. Les militants estiment que les politiques publiques menées ces dernières années n’ont pas été à la hauteur des enjeux de conservation de ce territoire particulièrement fragile, coincé entre les zones industrielles de Fos-sur-Mer et les espaces protégés de la Camargue. Cyril Girard, porte-parole du collectif Changeons d’avenir, exprime cette préoccupation en soulignant que le discours global sur le climat doit impérativement se traduire par des actions locales mesurables. Selon les estimations avancées par son organisation, la situation environnementale locale se serait dégradée de près de 30 % sous l’effet de choix politiques récents. Bien que ce chiffre de 30 % de dégradation environnementale locale demeure difficile à quantifier scientifiquement, il reflète l’inquiétude croissante des populations face à la pression de l’urbanisation. Pour ces militants, la gestion de l’eau, la protection des terres agricoles et la préservation de la steppe de la Crau constituent des priorités absolues qui ne sauraient être sacrifiées.

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La fronde contre les infrastructures imposées

Cette marche s’inscrit également dans un contexte de forte tension autour des grands projets d’aménagement du territoire. Le souvenir de la mobilisation massive contre le projet de ligne à très haute tension (THT) porté par RTE est encore extrêmement vif à Arles, où plus de 2 000 personnes s’étaient rassemblées dans le théâtre antique pour s’y opposer. La contestation des grands projets d’infrastructures industrielles unit souvent les défenseurs de l’environnement et les partisans d’une souveraineté locale sur l’aménagement de leur propre cadre de vie. Les marcheurs de ce samedi entendent rappeler que la transition énergétique nationale ne peut pas se faire au détriment de l’intégrité esthétique, historique et écologique des paysages provençaux, plaidant ainsi pour une écologie de bon sens, respectueuse des identités locales et des paysages façonnés par les générations précédentes.

Vers une écologie de la responsabilité et du patrimoine

Pour les courants attachés à la préservation des identités locales, la question environnementale arlésienne dépasse le simple cadre militant pour toucher à la transmission d’un héritage séculaire. La Crau, unique steppe d’Europe occidentale, et la Camargue, zone humide d’importance mondiale, ne sont pas seulement des écosystèmes à sanctuariser, mais les piliers d’une culture, d’un pastoralisme et de traditions vivantes. L’enjeu de cette mobilisation réside dans la promotion d’une écologie de la responsabilité, éloignée des slogans de la culpabilisation, et tournée vers la sauvegarde du patrimoine naturel provençal. En défilant de la place de la République jusqu’aux arènes, monuments classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, les manifestants rappellent que la nature et la culture locale sont intimement liées. Reste à savoir si ce rassemblement saura convaincre les décideurs publics d’adopter une gouvernance plus respectueuse des équilibres du territoire.

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Écrit par
Raphael Simon

Fondateur et directeur de la publication de La Revue. Il suit l'économie des médias, l'hôtellerie et les grandes tendances de consommation.

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