- À huit mois du scrutin, près d’une trentaine de candidatures déclarées ou pressenties se disputent l’espace entre le Rassemblement national et la gauche radicale.
- La cheffe de file du Rassemblement national, Marine Le Pen, est actuellement favorite des sondages avec environ 34 % d’intentions de vote au premier tour.
- Le centre et la droite se fragmentent autour de plusieurs figures, dont l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, qui refuse l’idée d’une primaire.
- À gauche, une quinzaine d’aspirants se positionnent face à Jean-Luc Mélenchon, tandis qu’une primaire est prévue en octobre entre le Parti socialiste et Place publique.
Un paysage politique morcelé à l’approche de l’échéance électorale

À huit mois du scrutin présidentiel prévu les 18 avril et 2 mai, la scène politique française fait face à une multiplication inédite des ambitions individuelles. Environ trente candidatures, déclarées ou pressenties, se positionnent désormais dans l’espace compris entre le Rassemblement national et la gauche radicale. Cette dispersion s’explique notamment par la fin de l’ère macronienne, qui a profondément modifié les repères partisans traditionnels. Cette profusion de candidatures témoigne d’une recomposition politique profonde après dix ans de macronisme. Certains analystes y voient également un effet d’entraînement lié au parcours d’Emmanuel Macron en 2017, démontrant qu’une victoire reste possible sans l’appui historique d’une machine partisane d’envergure.
Marine Le Pen en tête des intentions de vote
Dans ce contexte d’émiettement, la cheffe de file du Rassemblement national, Marine Le Pen, âgée de 58 ans, aborde cette précampagne en position de force. Malgré sa condamnation en appel pour détournement de fonds publics européens · décision contre laquelle elle s’est pourvue en cassation ·, elle domine nettement les premières enquêtes d’opinion. Les études d’opinion actuelles placent la candidate du Rassemblement national en position de force pour le second tour. Derrière elle, l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, âgé de 55 ans, et le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, âgé de 75 ans, se disputent l’accès au second tour.
Le centre et la droite divisés sur la stratégie
La dispersion des forces est particulièrement marquée au centre et à la droite de l’échiquier politique. Outre Édouard Philippe, plusieurs figures aspirent à incarner une alternative modérée, parmi lesquelles l’ancien Premier ministre Gabriel Attal, le président des Républicains Bruno Retailleau, le président de région Xavier Bertrand, ou encore le maire de Cannes David Lisnard. Plusieurs de ces responsables redoutent publiquement une élimination dès le premier tour faute de cohésion. Cette situation pousse plusieurs de ces responsables à réclamer l’organisation d’une élection primaire, une option fermement rejetée par Édouard Philippe.
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La gauche face à un émiettement historique
La situation à gauche n’est pas moins fragmentée, avec une quinzaine de candidats déclarés face à un Jean-Luc Mélenchon dont la candidature divise son propre camp. Pour tenter de clarifier le jeu, une primaire est prévue en octobre pour départager le Parti socialiste d’Olivier Faure et le mouvement Place publique de Raphaël Glucksmann. Ce dernier progresse et réunit actuellement entre 10 % et 15 % d’intentions de vote, tandis qu’Olivier Faure stagne sous la barre des 5 %. Les forces de gauche se caractérisent par un émiettement historique alors que plusieurs stratégies de rassemblement s’opposent. Parallèlement, l’ancienne présidente des Écologistes Marine Tondelier est créditée de moins de 5 % des voix, tandis que l’ancien président de la République François Hollande reste en embuscade pour un éventuel recours.