- La popularité d’Emmanuel Macron s’effondre à son plus bas historique avec seulement 16 % d’opinions favorables.
- À l’approche de la présidentielle, les héritiers du centre subissent un rejet inédit, à l’image de Gabriel Attal à 60 % d’opinions négatives.
- La droite nationale résiste avec Jordan Bardella qui progresse à 36 % de satisfaction, à égalité avec Marine Le Pen.
- Le pouvoir d’achat reste la priorité absolue des Français à 54 %, tandis que l’inquiétude sur l’immigration progresse à 31 %.
Le crépuscule d’un quinquennat en déliquescence

À quelques mois de l’échéance capitale de l’élection présidentielle de 2027, la rentrée politique de septembre 2026 s’ouvre sur un paysage de ruines pour l’exécutif en place. Selon les données du dernier baromètre d’opinion réalisé par l’institut Ipsos pour la rentrée, le désamour des Français envers l’appareil d’État atteint des profondeurs abyssales. Emmanuel Macron enregistre une chute inédite de sa popularité, touchant un point bas historique avec seulement 16 % de jugements favorables. Ce déclin de 5 points par rapport au mois de juillet 2026 s’accompagne d’une hostilité désormais quasi unanime : 81 % des citoyens expriment un avis défavorable sur son action, soit une hausse de 7 points en l’espace de deux mois.
Plus inquiétant encore pour l’Élysée, le socle électoral historique du chef de l’État s’effrite de manière spectaculaire. Chez les sympathisants du bloc central · regroupant les formations Renaissance, MoDem et Horizons ·, le soutien au président de la République vacille. Ils ne sont plus que 53 % à porter un regard positif sur son action, ce qui représente un effondrement colossal de 19 points. Cette désaffection du noyau dur macroniste témoigne d’une perte totale de repères au sein d’une majorité de plus en plus fracturée, incapable de proposer un cap lisible à un pays en quête de stabilité et d’autorité.
Un gouvernement usé et des ministres en sursis
La crise de confiance ne se limite pas à la figure présidentielle, elle contamine l’ensemble de l’équipe gouvernementale. Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, traditionnellement préservé par les enjeux régaliens et la situation internationale, subit lui aussi une sérieuse correction dans l’opinion. Sa popularité s’établit désormais à 20 %, enregistrant une baisse significative de 7 points. La défiance s’étend à l’ensemble de l’appareil d’État, n’épargnant ni le ministre des Armées ni les figures du pôle régalien.
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Dans ce contexte de délitement, de rares personnalités émergent sans pour autant susciter un enthousiasme débordant. Gérald Darmanin conserve sa position de ministre le plus apprécié par les sondés, bien qu’il enregistre un léger effritement à 38 % d’opinions favorables (-2 points). Derrière lui, le préfet de police de Paris, Laurent Nunez, maintient une relative stabilité à 25 %, reflétant la préoccupation constante des Français pour les questions de sécurité urbaine. Enfin, Jean-Noël Barrot complète ce trio de tête avec un score modeste de 12 % d’opinions favorables. Ce tableau d’ensemble révèle un gouvernement en fin de course, usé par le pouvoir et déconnecté des attentes profondes des familles françaises.
Présidentielle 2027 : le rejet massif des héritiers et de la gauche
L’approche de l’échéance présidentielle ne semble pas, pour l’heure, susciter d’espoir de renouvellement au sein de l’électorat. Bien au contraire, le baromètre Ipsos met en lumière un phénomène de rejet généralisé envers la quasi-totalité des figures politiques susceptibles de se présenter. Cette lassitude démocratique frappe de plein fouet les prétendants issus de la gauche et du centre. À gauche, Jean-Luc Mélenchon cristallise la plus forte hostilité avec 70 % de mécontents (+5 points), suivi par la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, qui subit une hausse de 8 points de rejet pour atteindre 61 %. Même Raphaël Glucksmann, souvent présenté comme une alternative modérée, voit l’insatisfaction à son égard progresser de 6 points pour s’établir à 52 %.
Le constat est tout aussi sévère pour les prétendants du camp présidentiel, qui paient le prix fort de leur fidélité ou de leur proximité avec le chef de l’État. Les héritiers potentiels de la majorité présidentielle, Gabriel Attal et Édouard Philippe, subissent un désaveu cinglant avec une hausse spectaculaire de leur rejet dans l’opinion. Gabriel Attal voit ainsi son taux de mécontentement bondir de 12 points pour atteindre 60 %. De son côté, Édouard Philippe connaît une trajectoire identique avec une hausse de 12 points de rejet (57 % d’opinions négatives) couplée à une perte sensible de ses soutiens, sa cote de satisfaction chutant à 19 % (-4 points). À droite hors souverainistes, Bruno Retailleau n’échappe pas à la règle avec 53 % de mécontents (+6 points).
La droite nationale s’impose comme l’alternative crédible
Dans ce paysage politique marqué par une défiance généralisée, la droite nationale et souverainiste fait preuve d’une résilience remarquable. Face au rejet massif qui frappe les candidats du système et de l’extrême gauche, les prédispositions envers les figures de la droite nationale apparaissent de plus en plus porteuses. Marine Le Pen affiche un taux de mécontentement de 52 % (+5 points), un chiffre nettement inférieur à ceux de Jean-Luc Mélenchon (70 %), Gabriel Attal (60 %) ou Édouard Philippe (57 %).
Parallèlement, la dynamique de renouvellement incarnée par Jordan Bardella se confirme dans le pays. Le président du mouvement souverainiste progresse de 3 points pour atteindre 36 % de satisfaction auprès des Français. Au milieu d’un mécontentement généralisé, la droite nationale maintient son ancrage avec une dynamique positive pour Jordan Bardella, désormais à égalité de satisfaction avec Marine Le Pen. Cette parité à 36 % entre les deux figures de la droite nationale démontre la complémentarité de leur offre politique et renforce la position de leur famille politique comme la seule alternative structurée face au déclin de la macronie et à la menace du bloc de gauche.
Pouvoir d’achat et immigration : le sursaut des priorités populaires
Cette radiographie de l’opinion française s’explique largement par l’adéquation entre les préoccupations quotidiennes des citoyens et les thématiques portées par le courant conservateur et souverainiste. Sans surprise, l’angoisse liée à la perte de pouvoir d’achat demeure, de très loin, le premier sujet de préoccupation des familles, touchant désormais 54 % des sondés, en forte progression de 7 points. L’inquiétude quant à la viabilité de notre modèle de protection sociale se maintient au deuxième rang à 40 % (+1 point), illustrant la crainte d’un déclassement généralisé face à des services publics défaillants. L’environnement complète le podium avec 31 % (-1 point).
Dans le même temps, le sentiment d’urgence face au défi migratoire s’accentue nettement. Les questions liées à l’immigration connaissent une progression marquée de 4 points, préoccupant désormais près d’un tiers des Français (31 %). La double préoccupation du déclin économique et de la pression migratoire s’impose comme le moteur principal des attentes populaires pour les mois à venir. Ces chiffres confirment que les Français rejettent massivement les politiques de laisser-faire et aspirent à un retour à l’ordre, à la souveraineté économique et au contrôle strict de nos frontières, des exigences qui valident le diagnostic posé depuis de nombreuses années par les forces conservatrices.