- Le gouvernement ambitionne d’intégrer l’intelligence artificielle au programme de toutes les classes de seconde dès la rentrée 2027.
- La Société informatique de France (SIF) salue l’initiative mais alerte sur une pénurie d’enseignants, avec seulement une centaine de recrutements annuels en informatique depuis 2022.
- L’organisme formule trois préconisations : le recrutement massif de professeurs, la définition d’un programme éthique et la prolongation de cet enseignement en première et terminale.
Une initiative saluée mais jugée incomplète
Annoncée lors du salon VivaTech par le gouvernement, l’intégration de l’intelligence artificielle dans les programmes scolaires de toutes les classes de seconde est prévue pour la rentrée 2027. Bien que cette décision vise à préparer la jeunesse aux mutations technologiques actuelles, elle suscite des réserves quant à sa faisabilité sur le terrain. Tout en saluant l’intégration de l’intelligence artificielle au lycée dès 2027, la Société informatique de France estime que la mesure reste largement insuffisante sans moyens adaptés. L’organisme scientifique alerte ainsi sur la nécessité d’encadrer rigoureusement cette réforme pour éviter qu’elle ne demeure un simple affichage.
La pénurie d’enseignants spécialisés au cœur des inquiétudes
Le principal obstacle identifié réside dans la disponibilité d’un corps professoral qualifié pour enseigner les fondements scientifiques de l’informatique. La pénurie de professeurs qualifiés constitue le principal obstacle, alors que la France ne recrute qu’une centaine d’enseignants certifiés ou agrégés en informatique par an depuis 2022. Pour couvrir adéquatement les quelque 19 000 classes de seconde du pays, un ajustement des postes aux concours s’impose afin de garantir au moins un spécialiste par établissement. La SIF préconise également un plan de formation continue approfondi sur les volets techniques, pratiques et éthiques de l’intelligence artificielle.
L’exigence d’un programme ambitieux et éthique
Au-delà du recrutement, la nature du contenu pédagogique constitue un enjeu majeur pour garantir la réussite du projet. La Société informatique de France demande aux pouvoirs publics de formaliser un cadre d’apprentissage rigoureux, visant des compétences réellement opérationnelles. Pour la SIF, le futur programme doit dépasser la simple utilisation des outils pour aborder les enjeux éthiques, environnementaux et d’autonomie numérique. L’association propose d’ailleurs d’accompagner l’Éducation nationale dans la refonte du cours de « sciences numériques et technologie » (SNT) et d’intégrer une initiation à l’IA dans la formation initiale de l’ensemble des personnels éducatifs.
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Vers une culture numérique commune et durable
Afin de structurer cet apprentissage dans le temps, la SIF plaide pour que l’informatique accède au statut de discipline fondamentale, à l’instar du français ou des mathématiques. L’organisation préconise d’inscrire l’informatique comme un bien culturel commun en poursuivant cet enseignement jusqu’en classe de terminale. Ce prolongement pourrait prendre la forme d’options ou d’un aménagement du tronc commun en première et terminale. Enfin, l’organisme souligne la nécessité d’associer sciences exactes et sciences humaines, tout en renforçant les passerelles avec l’enseignement supérieur pour anticiper les évolutions futures comme la cybersécurité ou l’informatique quantique.