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- Les véhicules 100% électriques ne représentent que 7% du parc automobile professionnel en France, contre 81% pour le thermique.
- Selon un baromètre OpinionWay pour Leasys, 71% des décideurs évoquent le manque d’autonomie comme principal frein.
- Face aux incertitudes et aux surcoûts, 47% des entreprises choisissent de prolonger l’usage de leurs véhicules thermiques.
Le dogme du tout-électrique heurté par la réalité des entreprises

L’écologie punitive et les diktats réglementaires venus de Bruxelles se heurtent une fois de plus au pragmatisme des acteurs économiques. Alors que les instances européennes entendent bannir la vente des véhicules thermiques neufs à l’horizon 2035, le monde professionnel refuse de sacrifier son efficacité sur l’autel de la bascule forcée. D’après la deuxième édition du baromètre « Tendances et défis de la mobilité en entreprise », réalisé par l’institut OpinionWay pour Leasys (filiale de Stellantis et de Crédit Agricole Personal Finance & Mobility), la réalité du terrain demeure très éloignée des injonctions politiques. En effet, les véhicules 100% électriques ne composent encore que 7% des flottes professionnelles tricolores. Les motorisations thermiques traditionnelles règnent toujours en maître avec 81% du parc, complétées modestement par 12% de modèles hybrides.
Bien que cette proportion de 7% dépasse le niveau constaté dans l’ensemble du parc automobile français (où l’électrique ne pèse qu’environ 3,5%), le rythme de renouvellement reste insuffisant au regard des attentes des pouvoirs publics. Les flottes d’entreprises constituent pourtant le réservoir indispensable pour alimenter le marché de l’occasion, clé de voûte de l’accessibilité automobile. Mais les décideurs économiques refusent de s’engager à aveugle dans un modèle logistiquement et financièrement risqué.
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Freins logistiques et financiers : les faiblesses du matériel au quotidien
Si 70% des dirigeants déclarent avoir intégré la perspective de l’échéance de 2035, le passage à l’acte se heurte à des blocages matériels majeurs. Pour 71% des gestionnaires, la faible autonomie des batteries constitue le premier obstacle logistique. Cette inquiétude légitime quant au bon déroulement des missions quotidiennes devance le manque d’infrastructures de recharge (38%) et le montant élevé de l’investissement initial (37%).
Cette inadéquation entre la norme administrative et la réalité du travail est particulièrement vive sur le terrain. Pour 84% des entreprises interrogées, le véhicule individuel demeure un outil totalement indispensable à l’activité et à la politique de ressources humaines. Dès lors, 28% des décideurs fustigent un calendrier réglementaire inadapté aux contraintes quotidiennes de leurs équipes. Imposer des choix technologiques non maturés à des collaborateurs en mobilité revient à fragiliser le tissu économique tricolore.
Pressions fiscales et fracture entre grands groupes et PME
Pour contraindre les entreprises au verdissement, le gouvernement mise sur la contrainte financière à travers le durcissement du malus CO2 et du malus au poids entrés en vigueur au début de l’année. Cette pression fiscale pousse 36% des gestionnaires (et jusqu’à 53% dans les grandes flottes) à accélérer l’électrification pour optimiser leur coût total de détention. Cependant, cette politique accentue les inégalités selon la taille des structures. Seules 52% des petites flottes ont planifié leur conversion, illustrant une véritable fracture industrielle face aux grandes flottes de 100 véhicules ou plus, converties à 88%.
Analysant ces écarts, Igor Dumas, directeur général de Leasys France, constate que « les écarts entre grandes et petites structures nous poussent à affiner nos offres et notre accompagnement pour répondre à des besoins qui ne sont pas uniformes ». Les PME et TPE, ne disposant pas de la trésorerie des grands groupes pour éponger le surcoût de l’électrique, subissent de plein fouet ce couperet fiscal.
Le choix de la prudence : la prolongation massive du parc thermique
Face au climat d’incertitude et à la surenchère normative, la réaction des entreprises ne s’est pas faite attendre : la résistance par le pragmatisme. Plutôt que de s’endetter pour des équipements contraignants, les patrons préfèrent préserver leur trésorerie. D’après l’enquête, près d’une entreprise sur deux fait le choix pragmatique de prolonger la durée de vie de ses véhicules thermiques. Très exactement 47% des sociétés préfèrent temporiser avec leurs modèles actuels, évitant ainsi un alourdissement immédiat de leurs charges de fonctionnement.
Ce choix stratégique témoigne d’un refus fort du gaspillage économique. Réalisée du 20 avril au 27 mai auprès de 300 dirigeants et gestionnaires de flottes d’au moins 20 véhicules (particuliers et utilitaires), cette étude confirme qu’en l’absence de rationalité industrielle et économique, la planification technocratique se heurte invinciblement au mur du réel.