- À partir de ce dimanche, six ressortissants français soupçonnés d’appartenance à l’État islamique comparaissent devant la justice irakienne.
- Parmi les accusés figure Adrien Guihal, ayant revendiqué l’attentat de Nice du 14 juillet 2016 qui a coûté la vie à 86 personnes.
- Des avocats français exigent un rapatriement d’urgence, dénonçant l’absence de garanties de défense et le risque de peine de mort.
- En 2019, onze Français avaient déjà écopé de la peine capitale en Irak, une sentence commuée ultérieurement en prison à perpétuité.
L’heure des comptes devant la justice irakienne

Le verdict de l’Histoire et de la justice s’apprête à frapper ceux qui ont délibérément renié leur patrie pour servir la terreur islamiste. À compter de ce dimanche, la justice irakienne ouvrira un procès d’une importance cruciale pour six ressortissants français, capturés sur les anciens territoires de l’État islamique (EI). Cette procédure majeure, confirmée jeudi par une source judiciaire irakienne, marque une étape décisive dans le traitement des survivants du califat terroriste. Ces six accusés faisaient partie d’un contingent plus large de quarante-sept ressortissants français transférés en 2025 depuis la Syrie voisine, où l’EI s’était arrogé de vastes territoires à partir de 2014 avant d’être militairement défait. Parmi les accusés qui s’apprêtent à comparaître figure une figure particulièrement sombre et sinistre du jihadisme francophone : Adrien Guihal. Ce vétéran de l’organisation barbare s’était notamment illustré en revendiquant personnellement, au nom de l’État islamique, l’effroyable attentat du 14 juillet 2016 commis sur la promenade des Anglais à Nice, qui avait coûté la vie à quatre-vingt-six personnes le jour de la fête nationale française. La souveraineté de l’Irak s’impose aujourd’hui légitimement pour juger ces séditieux qui ont choisi de semer la mort et le chaos sous la bannière du fanatisme.
Le profil des accusés et la défaite du califat
Ce procès s’inscrit dans un contexte de gestion logistique et sécuritaire massive des anciens combattants de la terreur. Depuis la déroute militaire de l’État islamique, actée en 2017 en Irak et en 2019 en Syrie grâce à l’intervention déterminante de la coalition internationale, des milliers de partisans fanatiques attendaient leur sort dans les camps du nord-est de la Syrie, gardés par les forces kurdes. Cependant, la donne géopolitique a profondément changé au début de l’année 2026. Sous la double pression de l’armée syrienne et d’un repositionnement américain, les forces kurdes se sont repliées, poussant Washington à transférer plus de 5 700 suspects de soixante nationalités différentes vers le réseau carcéral irakien. Parmi ces milliers de détenus se trouvaient au moins cinq ressortissants de nationalité française, dont certains étaient mineurs lorsque leurs parents ont pris la décision de rejoindre le califat. Les magistrats irakiens, après avoir mené des interrogatoires approfondis achevés au début du mois de septembre, se déclarent désormais prêts à rendre justice. Le démantèlement du califat territorial a laissé place à une immense problématique judiciaire et sécuritaire, l’Irak gérant désormais sur son sol des milliers de détenus étrangers.
La fronde des avocats parisiens pour un rapatriement
Sans surprise, l’imminence de ces audiences a provoqué une réaction immédiate de la part des cercles juridiques en France, toujours prompts à réclamer le rapatriement des nationaux impliqués dans les réseaux terroristes. Un collectif d’avocats français, composé de Mes Marie Dosé, Matthieu Bagard, Victoire d’Humières, Pauline Gamba-Martini et Baptiste Vachon, a publié jeudi un communiqué alarmiste. Ces derniers exhortent l’exécutif français à organiser de toute urgence le rapatriement de ces détenus, qu’ils estiment menacés par des peines de mort imminentes. Les robes noires dénoncent avec vigueur ce qu’elles qualifient d’opacité des procédures judiciaires locales et l’impossibilité de défendre convenablement leurs clients selon les standards occidentaux. Pour ces avocats, Paris devrait assumer la garde de ses ressortissants et les juger sur notre sol, une revendication qui se heurte au bon sens de la justice territoriale. En effet, de nombreux observateurs soulignent que les crimes commis contre les populations locales doivent prioritairement être jugés par les tribunaux des pays victimes, conformément aux principes fondamentaux de la souveraineté des nations.
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Un précédent judiciaire lourd de sens face à la barbarie
La fermeté de la justice irakienne n’est plus à démontrer face à l’ampleur du traumatisme laissé par l’État islamique. Ses tribunaux ont déjà prononcé des centaines de condamnations à mort et de peines de prison à perpétuité contre des combattants étrangers du terrorisme islamiste. En 2019, onze ressortissants de nationalité française avaient ainsi été condamnés à la peine capitale par les tribunaux de Bagdad, des sentences qui avaient par la suite été commuées en détention à perpétuité en appel. Si certaines organisations non gouvernementales dénoncent des procès jugés expéditifs, l’Irak démontre néanmoins sa capacité à trier les profils : deux détenus américain et finlandais ont ainsi été innocentés et restitués à leurs pays d’origine au printemps dernier. Les dossiers de ces six Français, en revanche, s’annoncent lourds, impliquant pour certains des accusations de réduction en esclavage de la minorité yazidie. La rigueur irakienne rappelle opportunément que ceux qui ont choisi le chemin de la trahison nationale et de la barbarie devront assumer les lois du pays qu’ils ont martyrisé.