- Deux réalisateurs français travaillant pour Tony Comiti Productions sont retenus à Lomé depuis la fin du mois de juillet.
- Interpellés près de Kara lors d’un tournage pour France Télévisions, ils disposaient selon leur employeur de toutes les autorisations administratives.
- La société de production alerte sur la santé de l’un des détenus et demande son rapatriement sanitaire d’urgence.
- Le Quai d’Orsay indique suivre la situation et précise que trois visites consulaires ont déjà eu lieu.
Une interpellation en marge d’un tournage documentaire
Deux réalisateurs français travaillant pour la société Tony Comiti Productions sont détenus au Togo depuis la fin du mois de juillet. Alors qu’ils réalisaient un reportage destiné à l’émission « Les routes de l’impossible », diffusée sur France Télévisions, les deux professionnels ont été arrêtés le 27 juillet par les autorités locales. Après une garde à vue initiale puis un placement sous surveillance dans un établissement hôtelier, les deux hommes ont été transférés à Lomé, la capitale. Présentés devant le parquet, ils ont fait l’objet d’un mandat de dépôt et demeurent aujourd’hui incarcérés dans le cadre d’une information judiciaire.
Une zone frontalière sous haute surveillance sécuritaire
L’arrestation s’est déroulée dans le secteur de Kara, dans le nord du pays. Le secteur de Kara se situe à proximité de zones soumises à l’état d’urgence en raison des menaces djihadistes. Depuis la fin de l’année 2021, la région septentrionale du Togo fait face à des incursions de groupes armés affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, implantés au Burkina Faso voisin. Cette situation a poussé Lomé à instaurer un état d’urgence régional en 2022, reconduit en février dernier pour douze mois. D’abord accusés d’espionnage, les deux techniciens se sont vu confisquer leur matériel, leurs passeports et leurs téléphones, avant que cette incrimination ne soit levée et que leur équipement ne leur soit restitué avant de nouveaux interrogatoires.
Des autorisations en règle et une alerte sanitaire
La direction de la société de production affirme que l’équipe opérait dans un cadre légal et transparent. Patrice Lucchini, directeur général de l’entreprise, assure que les réalisateurs détenaient les autorisations de tournage nécessaires et avaient régulièrement déclaré leurs caméras à la douane. Au-delà du volet juridique, l’employeur s’inquiète fortement de l’état de santé de l’un des deux hommes. Selon un examen médical réalisé sur place, ce dernier souffre d’une affection grave pouvant évoluer vers une infection généralisée. La société de production invoque une urgence humanitaire face aux risques de septicémie encourus par l’un des professionnels.
À lire aussi Le gouvernement annonce des mesures d’urgence pour la protection de l’enfance
La diplomatie française mobilisée
Le ministère des Affaires étrangères a confirmé la détention des deux citoyens français et le suivi rigoureux du dossier. Le ministère des Affaires étrangères assure suivre de près l’évolution des conditions de détention des deux ressortissants. Les services diplomatiques français à Paris et l’ambassade à Lomé ont déjà pu effectuer trois visites consulaires. Le Quai d’Orsay précise rester pleinement mobilisé pour veiller à la santé des deux hommes, à la qualité de leurs conditions d’incarcération et au respect de leurs droits de défense.