h6 class= »wp-block-heading »>Par Nicolas Garnier · mercredi 20 mai 2026
Des cols alpins aux villes médiévales perchées, des plateaux volcaniques aux vallées fluviales, cinq des grandes routes de randonnée européennes traversent l’Italie. Et, bien sûr, tous les chemins mènent à Rome.
Cette attirance pour Rome n’a rien de nouveau. Les pèlerins marchent vers la Ville Éternelle depuis plus de mille ans. Ils venaient d’Angleterre, d’Allemagne, des pays baltes et de tout le bassin méditerranéen. Les routes qu’ils empruntaient, bien plus que de simples tracés, véhiculaient des idées, la foi, le commerce et des identités à travers tout le continent. Beaucoup de ces anciennes voies existent encore aujourd’hui, toujours balisées, toujours parcourues.
La Via Francigena, la Via di Francesco, le Cammino di San Benedetto, la Romea
La Via Francigena, la Via di Francesco, le Cammino di San Benedetto, la Romea Strata et la Via Romea Germanica, regroupées sous le nom d’Antichi Cammini d’Italia (les anciennes routes de randonnée d’Italie), bénéficient toutes d’une certification du Conseil de l’Europe et dessinent ensemble certains des territoires les plus riches en histoire du continent. Le slow travel, l’idée selon laquelle la manière de se déplacer compte autant que la destination, est aujourd’hui l’un des segments les plus dynamiques du tourisme culturel en Europe. Avec cinq itinéraires transnationaux certifiés traversant son territoire, l’Italie s’impose comme l’une des destinations de randonnée les plus recommandées du continent.

La Via Francigena, sur les pas d’un archevêque
La, ou « la route venant de France », est la plus reconnue à l’international des cinq. Depuis 1994, elle est certifiée itinéraire culturel du Conseil de l’Europe. Son tracé suit le journal de voyage de Sigeric, archevêque de Canterbury, qui en 990 après J.-C. a consigné les 79 étapes de son retour de Rome vers l’Angleterre. Plus de mille ans plus tard, les marcheurs empruntent encore le même tracé. Rien qu’en Italie, elle s’étend sur 1 000 kilomètres en 45 étapes, du col du Grand-Saint-Bernard vers le sud à travers la Vallée d’Aoste, le Piémont, la Lombardie, l’Émilie-Romagne, la Ligurie, la Toscane et le Latium. Les dernières étapes dans le Latium suivent d’anciennes voies romaines jusqu’à la capitale, où l’itinéraire se termine à la basilique Saint-Pierre. Le journal de voyage d’un archevêque médiéval est ainsi devenu le plan d’une des grandes routes de marche d’Europe.

Sur les chemins spirituels de François d’Assise
Peu de figures sont aussi liées au paysage que François d’Assise (1182-1226). Il renonça à son héritage, adopta une simplicité radicale et passa sa vie à parcourir les paysages du centre de l’Italie. L’itinéraire qui porte son nom, la Via di Francesco, trace les territoires qu’il connaissait le mieux. Le chemin se décline en deux directions, nord et sud, toutes deux se terminant dans la ville historique d’Assise.
La voie sud est légèrement plus longue: 300 kilomètres en 13 étapes depuis Rome, à travers la campagne sabine et la vallée sacrée de Rieti. Quatre sites sacrés liés à la vie de François jalonnent les principales étapes de pèlerinage en Italie, dont Greccio, lieu de la première crèche du monde datant de 1223. Ceux qui complètent l’intégralité du parcours reçoivent le Testimonium, un certificat de réussite, à la basilique Saint-François d’Assise.

Le Cammino di San Benedetto: mille ans de monachisme
Le Cammino di San Benedetto, ou chemin de Saint-Benoît, est sans doute le moins connu des cinq à l’international, et c’est précisément ce qui fait son intérêt. Benoît de Norcia, considéré comme le père du monachisme occidental, a marqué trois lieux du centre de l’Italie:…