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jeudi 10 septembre 2026
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Fidélisation des salariés : le nouveau défi d’un monde du travail fragmenté

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Fidélisation des salariés : le nouveau défi d'un monde du travail fragmenté
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L’essentiel
  • Selon une étude d’Edenred menée en 2025, près de la moitié des directeurs des ressources humaines privilégient désormais le bien-être au travail.
  • La perte d’engagement des collaborateurs pèse lourdement sur la rentabilité, les entreprises les plus investies affichant 78 % d’absentéisme en moins selon Gallup.
  • Face à l’éclatement des structures familiales et au télétravail, les seuls leviers financiers ne suffisent plus à retenir les jeunes générations.
  • La directrice d’Edenred Engagement en France, Constance Le Goff, préconise une centralisation des initiatives RH pour rebâtir le sentiment d’appartenance.

Le constat d’une rupture du lien entre le salarié et l’entreprise

Fidélisation des salariés : le nouveau défi d'un monde du travail fragmenté

Dans un paysage économique français marqué par des mutations structurelles profondes, la relation entre les employeurs et leurs collaborateurs traverse une zone de fortes turbulences. Les méthodes traditionnelles de management peinent désormais à contenir une vague de désengagement silencieux qui affecte la productivité nationale. Ce phénomène, exacerbé par la généralisation du télétravail et l’effritement des structures sociales traditionnelles, place les directions des ressources humaines (DRH) face à un défi inédit. La crise de l’engagement n’est plus seulement une question de gestion interne, mais le reflet d’une société de plus en plus atomisée et incertaine. Selon une enquête menée en 2025 par le groupe Edenred auprès de 567 entreprises clientes en France, en Italie et en Belgique, près de la moitié des responsables RH placent désormais le bien-être de leurs équipes en tête de leurs priorités, devant la simple question de la rémunération. Pourtant, malgré la multiplication des mesures de soutien, le manque de motivation persiste, souvent invisible mais dévastateur pour la cohésion des équipes.

L’impact financier de la démobilisation des équipes

Loin d’être une simple préoccupation philosophique ou managériale, le désintérêt des travailleurs pour leur mission économique a un coût direct et mesurable pour l’économie de notre pays. Le renouvellement incessant du personnel et l’absentéisme désorganisent les filières productives et affaiblissent la compétitivité des entreprises françaises à l’échelle européenne. Les chiffres issus des analyses de l’institut Gallup en 2025 sont à ce titre sans appel : les entreprises situées dans le premier quartile en matière d’engagement de leurs salariés enregistrent une baisse de 78 % de l’absentéisme et de 43 % de la rotation du personnel (turnover) par rapport à celles du dernier quartile. Pour les entreprises françaises, l’engagement de la force de travail est devenu un impératif de performance économique et de pérennité face à la concurrence internationale. Chaque départ contraint l’employeur à engager de lourdes dépenses de recrutement, de formation et de remplacement temporaire, des ressources financières qui feraient bien mieux de servir l’investissement productif et l’innovation.

Au-delà de la fiche de paie : les attentes de la nouvelle génération

Si le salaire demeure la contrepartie légitime et fondamentale de l’effort fourni, l’évolution sociologique des dernières années montre qu’il ne suffit plus, à lui seul, à sceller un pacte de fidélité à long terme. La dislocation des repères collectifs et l’isolement croissant des individus, accentués par des modes de vie de plus en plus virtuels, poussent les jeunes générations à rechercher une forme de résonance existentielle au sein de leur sphère professionnelle. Pour analyser cette mutation, Constance Le Goff, directrice d’Edenred Engagement en France, convoque la célèbre pyramide des besoins de Maslow. Si la base physiologique (le salaire et les titres-restaurant) est historiquement bien couverte en France, c’est au sommet de la pyramide · l’estime de soi, la reconnaissance et l’accomplissement · que le bât blesse. Si la rémunération reste le socle indispensable de la relation de travail, elle ne doit pas faire oublier le besoin crucial de reconnaissance et de transmission des valeurs de l’effort.

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La dispersion des initiatives RH, un écueil technologique

Pour répondre à cette quête de repères, les entreprises ont souvent multiplié les dispositifs d’aide : conciergeries, soutien psychologique, avantages sociaux ou plateformes de communication interne. Cependant, cette accumulation désordonnée produit l’effet inverse de celui recherché. Noyées dans le flux continu des courriels et éparpillées sur une multitude de canaux numériques, ces initiatives finissent par tomber dans l’oubli, privant les salariés de repères clairs. L’excès d’outils numériques non coordonnés nuit à l’efficacité des politiques d’accompagnement social menées par les directions des ressources humaines. C’est pour pallier cette dispersion qu’Edenred propose de centraliser l’ensemble de ces leviers au sein d’une plateforme unique, conçue comme un guichet unique pour le collaborateur. L’objectif est de rendre ces investissements immédiatement visibles et accessibles au quotidien, évitant ainsi le gaspillage des ressources de l’entreprise.

Reconstruire le sens du collectif pour assurer l’avenir

Face à l’éclatement de la communauté de travail, l’enjeu dépasse la simple gestion des outils numériques. Il s’agit de restaurer une culture de l’engagement où le travail est perçu comme une contribution à une œuvre collective. Fort d’une présence mondiale et de soixante années d’expérience auprès de millions de salariés, le groupe Edenred s’inspire notamment des modèles anglo-saxons pour repenser l’intégration des collaborateurs. L’engagement ne doit pas être un simple concept marketing, mais une réalité ancrée dans le quotidien de l’entreprise. Le salut des entreprises françaises passera par leur capacité à recréer un collectif de travail solide et un sentiment de destin partagé au sein de l’économie réelle. En simplifiant l’accès aux services de soutien et de reconnaissance, les employeurs peuvent espérer rebâtir cette confiance mutuelle indispensable à la stabilité sociale et au redressement économique du pays.

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Écrit par
Inès Moreau

Traite les questions de société : justice, éducation, santé publique, travail et faits de société.

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