- La ministre Catherine Chabaud annonce la levée des barrages en Méditerranée après plus de six heures de négociations.
- L’aide au gazole est revalorisée de 25 à 35 centimes par litre, atteignant le plafond fixé par la réglementation européenne.
- Des prêts à taux zéro seront ouverts pour pallier les retards d’imputation des subventions des mois passés.
- La facture de carburant absorbe aujourd’hui jusqu’à 50 % du chiffre d’affaires de certains artisans de la mer.
Un accord sous tension pour débloquer le littoral méditerranéen

Après une journée de vives concertations, le pouvoir exécutif tente d’éteindre la contestation qui paralyse le littoral maritime. À l’issue de plus de six heures de négociations intenses au ministère, la ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche a acté un premier dénouement avec les professionnels du secteur. Mobilisés contre le coût exorbitant du gazole qui menace directement la rentabilité de leurs exploitations, les marins-pêcheurs de Méditerranée ont accepté de lever les barrages portuaires. Cette décision intervient alors que le secteur fait face à une crise d’une sévérité inédite, où la hausse des charges d’exploitation remet en cause la survie même de nos armements nationaux.
Une revalorisation des soutiens indexée sur les cours du pétrole
Pour répondre à l’urgence économique des flottilles, l’exécutif a dû revoir sa copie à la hausse concernant le niveau des subventions accordées à la profession. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a décidé de porter le montant de l’aide au carburant de 25 à 35 centimes par litre, atteignant le plafond maximal autorisé par l’Union européenne. En outre, la ministre Catherine Chabaud a garanti que les prochains dispositifs d’accompagnement suivront directement l’évolution et la volatilité des cours mondiaux des carburants. Cette mesure vise à stabiliser le cadre d’activité des marins, dramatiquement exposés aux soubresauts des marchés énergétiques mondiaux.
Un dispositif d’urgence pour faire face aux lourdeurs administratives
Au-delà du montant des aides, les retards de paiement de l’État ont lourdement pesé sur les trésoreries des entreprises maritimes ces derniers mois. Face aux retards accumulés dans le traitement des dossiers, l’État propose l’ouverture de prêts à taux zéro pour soulager immédiatement les travailleurs de la mer. Catherine Chabaud a reconnu l’impact de ces lenteurs institutionnelles, tout en précisant que le service de paiement avait désormais régularisé près de 90 % des aides dues pour les mois d’avril et de mai. Ce soutien bancaire transitoire doit permettre aux armateurs de maintenir leur activité en attendant le versement effectif des sommes promises.
À lire aussi Prix des carburants : Matignon prolonge les aides aux filières professionnelles face aux tensions internationales
Une trêve pragmatique pour la préservation de la filière nationale
Sur le terrain, la conciliation ministérielle est accueillie avec un pragmatisme prudent par les représentants maritimes du Sud de la France. Pour une grande partie des artisans pêcheurs, la facture énergétique engloutit désormais jusqu’à la moitié du chiffre d’affaires global de leurs navires. Interrogé à la sortie du ministère, Vincent Scotto, pêcheur basé à Sète dans l’Hérault, a salué des avancées tout en rappelant que la levée des blocages constituait la principale monnaie d’échange dans des négociations encore inachevées. La sauvegarde de la souveraineté halieutique française imposera des réponses pérennes pour préserver ces métiers fondamentaux de notre économie côtière.