- Les cotisations de multirisque habitation devraient augmenter de 5 à 7 % en 2027, dépassant de nouveau l’inflation.
- Pour un foyer français, le surcoût cumulé représentera plus de 100 euros TTC par an par rapport à 2022.
- Les cabinets spécialisés Facts & Figures et Addactis prévoient également une hausse de 3 à 4,5 % en assurance automobile.
- Selon Florence Lustman, présidente de France Assureurs, la démultiplication des sinistres et le renforcement des prélèvements étatiques motivent cette dérive.
Une progression ininterrompue des cotisations au-dessus de l’inflation

Le budget des ménages français s’apprête à subir une nouvelle compression tarifaire. Selon les projections tarifaires publiées le 21 septembre 2026 par les cabinets de référence Facts & Figures et Addactis, les primes de la multirisque habitation (MRH) devraient enregistrer une hausse comprise entre 5 % et 7 % à l’horizon 2027. Il s’agira de la troisième année consécutive au cours de laquelle le coût moyen des contrats d’habitation progressera à un rythme sensiblement supérieur à celui de l’indice général des prix à la consommation, mesuré à 2,4 % sur un an en août 2026. En 2027, la prime moyenne de multirisque habitation dépassera les 360 euros hors taxes, marquant une progression soutenue au-dessus du rythme de l’inflation.
Sur le segment de l’assurance automobile, la trajectoire s’avère également orientée à la hausse, quoique plus modérée en pourcentage, avec une progression attendue entre 3 % et 4,5 %. Cette différence relative s’explique principalement par la valeur initiale plus élevée des contrats automobiles : un ajustement annuel moyen d’environ 20 euros hors taxes représente un pourcentage moindre sur une cotisation globale plus importante. En matière d’habitation, cette même revalorisation annuelle représentera un montant supplémentaire de 20 à 25 euros hors taxes pour les assurés.
Un alourdissement de plus de 100 euros par foyer depuis 2022
Pour mesurer la réalité de l’effort financier exigé des propriétaires et locataires, il convient d’analyser la trajectoire tarifaire sur plusieurs exercices. En 2025, la prime moyenne hors taxes publiée par la fédération France Assureurs s’établissait à 323 euros · avec une distinction notable entre la cotisation acquittée par un propriétaire occupant (351 euros) et celle soutenue par un propriétaire non-occupant (191 euros). Les travaux d’estimation des experts permettent de reconstituer un niveau moyen d’environ 276 euros hors taxes pour l’année 2022 et 255 euros pour 2020.
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Après des hausses constatées ou projetées de 7,8 % en 2025, de 5 à 8 % en 2026 et de 5 à 7 % prévues en 2027, le montant moyen annuel atteindra environ 368 euros hors taxes. L’écart brut par rapport à 2022 s’élève ainsi à 92 euros hors taxes. Toutefois, la somme finale réellement débitée sur le compte bancaire des contribuables inclut la fiscalité et les prélèvements réglementaires. Le Code général des impôts applique une taxe sur les conventions d’assurance (TCA) fixée à 9 % sur la majorité des garanties et à 30 % sur la garantie incendie, auxquelles s’ajoute la surprime légale. Par rapport à l’année 2022, la facture globale s’alourdit de plus de 100 euros TTC pour un contrat d’habitation moyen. Entre 2020 et 2026, l’augmentation cumulée aura dépassé les 35 %, soit près de quatre fois le niveau cumulé de l’inflation sur la même période.
Fiscalité d’État et renchérissement du coût des réparations
Pour justifier cette dérive tarifaire prolongée, les professionnels du secteur pointent la conjonction de plusieurs facteurs structurels qu’il apparaît difficile de résorber à court terme. Florence Lustman, présidente de la fédération professionnelle France Assureurs, attribue cette dynamique à l’accentuation des périls collectifs. La démultiplication des sinistres locaux liés aux tempêtes, aux feux de forêt et aux épisodes de grêle entraîne un coût de prise en charge croissant pour la collectivité des assurés.
À ce facteur prudentiel s’ajoute une nette hausse du prix des fournitures nécessaires à la remise en état du bâti. Le coût moyen des matériaux de construction a fait grimper la facture globale d’un sinistre moyen de 7,4 % en un an, portant le montant d’une indemnisation pour un incendie au-delà du seuil des 14 000 euros. À cela s’ajoute une décision d’ordre réglementaire : le refinancement obligatoire du régime public des catastrophes naturelles. La hausse de la surprime catastrophes naturelles imposée au début de l’année 2025 participe directement au renchérissement mécanique des polices d’assurance. Décidée par le pouvoir réglementaire, la hausse du taux de prélèvement, passé de 12 % à 20 % au 1er janvier 2025, permet de prélever plus de 1,2 milliard d’euros d’abondement fiscal supplémentaire chaque année.
Une réévaluation dictée par la tendance longue du risque
La tendance observée sur l’assurance des véhicules répond à une problématique équivalente de complexification technique. La pénétration croissante des motorisations hybrides et électriques sur le parc automobile national engendre un surcoût lors des interventions techniques en atelier, entraînant une revalorisation continue des primes auto de l’ordre de 20 euros par an.
Cette revalorisation générale intervient alors même que la rentabilité technique immédiate des assureurs s’est redressée. Le ratio sinistres/cotisations · qui mesure la part des cotisations perçues réinjectée dans le remboursement des dommages · est retombé à 52,8 % en 2025, après avoir atteint 58,5 % un an auparavant. Ce différentiel démontre que la hausse des tarifs programmée pour 2027 ne découle pas des résultats comptables d’un exercice isolé, mais s’inscrit dans un recalibrage prudentiel de long terme face à l’accumulation des charges climatiques et matérielles. L’explosion de la complexité technique des véhicules modernes et la répétition des intempéries imposent un réajustement tarifaire durable. Un effort accru qui pèse directement sur le reste à vivre des classes moyennes et des ménages résidant hors des grands centres urbains.