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jeudi 17 septembre 2026
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Duralex : deux offres industrielles françaises en lice pour sauver le verrier

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Duralex : deux offres industrielles françaises en lice pour sauver le verrier
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L’essentiel
  • Le groupe stéphanois Carlesimo et l’entrepreneur Cédric Meston proposent de reprendre l’activité.
  • Les projets prévoient le maintien de 125 à 155 emplois sur les 243 que compte l’entreprise.
  • Une offre hongkongaise de AA Investments menace de ne conserver que la marque et trois salariés.
  • Le tribunal de commerce d’Orléans rendra sa décision après l’audience du 12 octobre prochain.

Un patrimoine industriel français à la croisée des chemins

Duralex : deux offres industrielles françaises en lice pour sauver le verrier

L’usine de La Chapelle-Saint-Mesmin, berceau historique du verre trempé, traverse une zone de turbulences qui illustre les fragilités de notre tissu productif national. Duralex, cette marque iconique qui a équipé des générations de cantines et de foyers français, joue une nouvelle fois sa survie devant le tribunal de commerce d’Orléans. Placée en redressement judiciaire depuis le mois de juin dernier, la verrerie fait face à son cinquième épisode de défaillance en un peu plus de deux décennies, un triste record qui souligne l’urgence d’un repreneur solide, capable de restaurer une souveraineté industrielle durable dans le Loiret. Face à l’incertitude, deux projets français se détachent désormais pour tenter de pérenniser ce savoir-faire unique, alors que l’entreprise comptait encore 243 salariés au début de l’année 2024.

Deux candidats pour une relance nationale

Parmi les dossiers déposés, deux candidatures sérieuses privilégient le maintien de l’outil industriel sur le sol français. La première émane du groupe Carlesimo, ancré à Saint-Étienne, qui propose de conserver 125 collaborateurs. La seconde, portée par le holding Tomé de l’entrepreneur Cédric Meston, se montre plus ambitieuse sur le plan social avec 155 emplois préservés. Meston n’est pas un inconnu dans le paysage de la reprise d’entreprises en difficulté : cofondateur de la start-up HappyVore, il s’est illustré en 2025 en reprenant les rênes de Tupperware France. Ces deux offres industrielles sont jugées « intéressantes » par les services de Bercy, qui y voient une opportunité de maintenir une activité productive réelle plutôt qu’une simple gestion de marque. Toutefois, ces repreneurs doivent encore lever les doutes sur la sécurisation de leurs financements et affiner les contours techniques de leurs propositions avant l’échéance décisive.

Le spectre d’un démantèlement par des intérêts étrangers

À l’opposé de ces projets de relance industrielle, une troisième offre suscite une vive inquiétude chez les représentants du personnel et les défenseurs du « Produit en France ». La société AA Investments, basée à Hong Kong, a manifesté son intérêt, mais avec un projet qui s’apparente davantage à une prédation symbolique qu’à un sauvetage économique. Ce candidat ne propose de conserver que trois salariés, visant quasi exclusivement le rachat de la marque Duralex pour l’exploiter probablement hors de nos frontières. Pour de nombreux observateurs, cette option signifierait la mort définitive de l’usine et la perte irréversible d’un fleuron de notre patrimoine verrier. Selon Suliman El Moussaoui, représentant syndical CFDT, la préférence des travailleurs se porte naturellement vers les dossiers capables de sauvegarder au moins la moitié des effectifs et de maintenir les fours en activité.

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L’échec du modèle de la SCOP sous l’œil de la justice

Cette nouvelle crise intervient dans un climat particulièrement lourd, marqué par l’échec retentissant de la précédente tentative de sauvetage sous forme de Société coopérative et participative (Scop). Ce modèle, souvent présenté comme une alternative aux structures capitalistiques classiques, fait aujourd’hui l’objet de plusieurs perquisitions menées début septembre au siège de la verrerie dans le cadre d’une enquête judiciaire. Cette instabilité chronique et les zones d’ombre entourant la gestion passée imposent au tribunal de commerce une vigilance accrue. La solidité financière et le sérieux opérationnel des dossiers seront les critères cardinaux pour éviter que Duralex ne retombe, dans quelques mois, dans les affres d’une nouvelle procédure collective. La survie d’une identité industrielle française est à ce prix.

Un calendrier serré pour la survie du site

Les semaines à venir seront déterminantes pour les ouvriers de La Chapelle-Saint-Mesmin. Le tribunal de commerce d’Orléans a fixé au 12 octobre le prochain rendez-vous judiciaire qui pourrait sceller le destin de l’entreprise. D’ici là, les candidats Carlesimo et Meston devront apporter les garanties bancaires nécessaires pour rassurer une juridiction échaudée par les promesses non tenues des années précédentes. Au-delà des chiffres, c’est une vision de l’économie qui se joue : celle d’une France qui refuse de voir ses marques historiques devenir de simples étiquettes apposées sur des produits importés. Le maintien d’une production nationale est un impératif non seulement social, mais aussi stratégique pour conserver notre indépendance technique dans le secteur de la verrerie.

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Écrit par
Sarah Boileau

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