- La Région Île-de-France a réuni plus de 200 participants le 16 septembre 2026 pour connecter acheteurs publics-privés et acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS).
- Avec 33 000 établissements et 400 000 emplois (7,2 % de l’emploi francilien), l’ESS s’impose comme un pilier du tissu économique de proximité.
- La collectivité régionale consacre chaque année 65 millions d’euros d’achats aux structures solidaires, inscrivant cette démarche dans sa stratégie d’ancrage territorial.
Le pari du patriotisme économique régional
Le 16 septembre 2026, le siège de la Région Île-de-France a accueilli une initiative majeure visant à renforcer l’enracinement local de la commande publique et privée. Plus de 200 décideurs économiques, acheteurs publics et représentants du Réseau des Entrepreneurs Citoyens (REC) se sont réunis pour jeter les bases d’une alliance renouvelée avec l’économie sociale et solidaire (ESS). Loin de la simple charité d’État ou de la redistribution passive, cette démarche s’inscrit dans une logique d’enracinement territorial et de souveraineté économique pragmatique. Le développement de circuits d’approvisionnement courts et responsables apparaît désormais comme un levier d’action privilégié pour contrecarrer les dérives d’une mondialisation débridée et sans frontières. En facilitant les rendez-vous d’affaires directs, les ateliers thématiques et les retours d’expérience, la Région démontre que la commande publique et privée peut devenir un instrument puissant de patriotisme économique, sécurisant ainsi l’activité sur notre propre sol et redonnant du sens à chaque euro dépensé localement.
Un vivier d’emplois non délocalisables au cœur de nos territoires
Longtemps cantonnée aux marges de l’activité marchande ou perçue sous le prisme réducteur d’un secteur subventionné, l’économie sociale et solidaire s’affirme aujourd’hui comme un pilier indispensable de la vie francilienne. Le secteur regroupe désormais plus de 33 000 établissements · parmi lesquels des coopératives, des mutuelles, des associations d’utilité publique ou des fondations · et représente pas moins de 400 000 emplois, soit 7,2 % de la population active de la région. Ces emplois de proximité présentent l’immense mérite d’être totalement non délocalisables, ancrant ainsi durablement les forces vives au cœur de nos communes. Face aux mutations industrielles accélérées et aux ruptures récurrentes des flux d’approvisionnement mondiaux, la préservation de ce tissu d’entreprises à taille humaine garantit la résilience de nos territoires. Qu’il s’agisse de l’économie circulaire, des services d’aide à la personne ou des circuits d’alimentation locale, ces structures répondent à des besoins concrets de nos concitoyens en valorisant la valeur de l’effort.
« Impact 2028 » : une stratégie publique d’achat souverain
Pour passer d’une logique d’aide publique passive à un véritable partenariat d’affaires équilibré, la Région déploie sa feuille de route stratégique pour l’ESS sur la période 2022-2028, intégrée au plan régional « Impact 2028 ». La politique d’achat de la collectivité francilienne se veut particulièrement rigoureuse et ancrée : aujourd’hui, 9 achats sur 10 effectués par l’institution régionale sont réalisés auprès d’entreprises locales, représentant une enveloppe annuelle de 65 millions d’euros directement fléchée vers les structures solidaires de proximité. Cette orientation budgétaire illustre une volonté politique forte de préférer la production nationale et régionale et de réinjecter l’impôt des contribuables dans l’économie réelle. En incitant les grandes entreprises classiques à intégrer des critères d’impact social et territorial dans leurs appels d’offres privés, la Région insuffle un modèle de croissance vertueux où la rentabilité financière s’aligne sur le respect du tissu économique local.
À lire aussi Pouvoir d’achat : le budget minimum pour vivre dignement à la retraite atteint 1 700 euros
L’insertion par le travail, rempart contre l’assistanat
L’un des exemples les plus remarquables de cette dynamique de réhabilitation économique est incarné par le Groupe Ares, premier acteur francilien de l’insertion par l’activité économique, qui accompagne chaque année environ 4 000 personnes éloignées du marché du travail. Pour les défenseurs d’un modèle social fondé sur le mérite, l’effort personnel et la réhabilitation sociale par l’emploi, ces structures représentent le rempart indispensable contre l’assistanat d’État. En permettant à des personnes en grande exclusion de retrouver leur dignité par la valeur du travail régulier, l’insertion par l’activité économique restaure le lien civique fondamental. Yann Rivière, directeur du pôle services d’Ares, présent lors de ces rencontres, insiste sur la nécessité pour ces structures de monter en compétences et de s’adapter aux exigences des marchés publics régionaux. Ce dialogue structuré et exigeant entre donneurs d’ordres et fournisseurs locaux dessine ainsi les contours d’un capitalisme plus responsable, respectueux de l’identité de nos territoires et fondé sur l’excellence opérationnelle.