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samedi 19 septembre 2026
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Oscars 2027 : un film russe préféré à de Gaulle pour représenter la France

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Oscars 2027 : un film russe préféré à de Gaulle pour représenter la France
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L’essentiel
  • Le long-métrage « Minotaure » du cinéaste russe en exil Andreï Zviaguintsev a été sélectionné pour représenter la France aux Oscars.
  • Cette production a été préférée à plusieurs œuvres nationales, notamment le film historique « La Bataille de Gaulle · L’Age de fer ».
  • Financé majoritairement par des capitaux français et allemands via le CNC, le projet répond aux critères administratifs d’éligibilité.

Un choix institutionnel qui interroge notre souveraineté culturelle

Oscars 2027 : un film russe préféré à de Gaulle pour représenter la France

À l’approche de la 99e cérémonie des Oscars, qui se tiendra le 14 mars prochain à Los Angeles, la commission de sélection chargée de désigner le représentant de la France a rendu son verdict. Le choix s’est porté sur « Minotaure », une œuvre réalisée par le cinéaste russe en exil Andreï Zviaguintsev, au détriment de films profondément ancrés dans l’histoire nationale comme « La Bataille de Gaulle · L’Age de fer ». Cette décision, officialisée le mercredi 16 septembre, suscite de légitimes interrogations parmi les défenseurs d’une souveraineté culturelle exigeante. Alors que la figure du Général de Gaulle incarne le cœur battant de notre roman national et de notre mémoire collective, les instances cinématographiques françaises ont préféré parier sur une œuvre internationalisée. Le long-métrage de Zviaguintsev, bien que pétri de qualités esthétiques évidentes, traite exclusivement de la dislocation de la société russe contemporaine à l’aube de l’invasion de l’Ukraine, laissant de côté l’occasion de valoriser notre propre patrimoine historique sur la scène internationale.

Les dérives d’un système de financement mondialisé

D’un point de vue strictement administratif, l’éligibilité de « Minotaure » sous pavillon tricolore ne souffre aucune contestation légale. Le film est en effet produit par les structures françaises CG Cinéma, dirigée par Charles Gillibert, et MK2 Productions, sous la houlette de Nathanaël Karmitz, tout en bénéficiant du soutien financier de l’Aide aux cinémas du monde, un guichet géré par le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC). Cette architecture financière complexe, complétée par une coproduction active avec l’Allemagne et un tournage délocalisé en Lettonie, illustre la dérive d’un système de subventions publiques qui s’affranchit des frontières nationales. En privilégiant ce projet face à des œuvres telles que « Le Corset », « La Gradiva », « L’Inconnue » ou le projet mémoriel sur de Gaulle, la commission française valide une vision hors-sol du cinéma, où l’argent public national sert à porter des messages de politique étrangère plutôt qu’à faire rayonner l’identité et la langue françaises à l’étranger.

« Minotaure » : une tragédie humaine sur fond de guerre

Sur le plan purement cinématographique, le film s’affiche comme une libre adaptation transposée en Russie de « La Femme infidèle », le chef-d’œuvre de Claude Chabrol sorti en 1969. Zviaguintsev y dépeint la dérive morale de la haute bourgeoisie provinciale russe à travers l’histoire d’un riche chef d’entreprise incarné par Dimitri Mazourov. Le drame conjugal intime bascule dans la tragédie collective lorsque l’homme découvre l’adultère de sa femme, jouée par Iris Lebedeva, et se voit contraint par le pouvoir de désigner quatorze de ses ouvriers pour être envoyés combattre sur le front. Le réalisateur utilise la figure mythologique du Minotaure comme une métaphore transparente de l’État russe, un monstre dévorant sa propre population et ses forces vives. Le film offre une peinture sans concession d’un individualisme exacerbé où les décideurs économiques s’allient au pouvoir pour préserver leurs privilèges au détriment des classes populaires sacrifiées.

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Le cinéma comme arme politique face au Kremlin

Ce long-métrage arrive dans la course aux statuettes dorées auréolé d’une forte charge politique, renforcée par son Grand Prix obtenu lors du dernier Festival de Cannes en mai 2026. Lors de sa présence sur la Croisette, Andreï Zviaguintsev avait profité de la tribune mondiale du Palais des festivals pour condamner fermement l’action militaire russe, s’attirant les foudres immédiates des autorités de Moscou. Le porte-parole du Kremlin avait vivement réagi en accusant le cinéaste de partialité et d’avoir ignoré les souffrances des populations du Donbass depuis le début des tensions en 2014. À 62 ans, le réalisateur de « Leviathan » et de « Faute d’amour » assume pleinement cette rupture historique, décrivant le conflit actuel comme une aventure insensée n’apportant que déconvenue, apathie et deuil pour la jeunesse de son pays d’origine, qu’il a dû fuir pour s’installer en France.

La suite de la course aux Oscars et la sortie en salles

Malgré cette désignation officielle par la France, le parcours de « Minotaure » vers le Dolby Theatre de Los Angeles est encore long et incertain. Le comité de l’Académie des Oscars doit examiner les candidatures de dizaines de pays avant de révéler, le 21 janvier prochain, la liste restreinte des cinq films officiellement nommés dans la catégorie du meilleur film international. La production française devra y affronter une concurrence particulièrement relevée, notamment le film japonais « Soudain » de Ryūsuke Hamaguchi avec Virginie Efira, la proposition espagnole « La Bola Negra » portée par Penélope Cruz, le long-métrage belge « Coward » de Lukas Dhont, ou encore le candidat allemand « Everytime » de Sandra Wollner. En attendant ce verdict américain, les spectateurs français pourront découvrir le film en salles dès le 14 octobre 2026, sous la distribution des Films du Losange.

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Écrit par
Léa Fontaine

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