- La chanteuse française Amanda Lear, âgée de 87 ans, accuse le titre « Redlights » de Miley Cyrus de plagiat sur sa chanson de 1978.
- Alertée par ses admirateurs, l’ancienne muse de Salvador Dalí privilégie un accord amiable ou une mention officielle dans les crédits.
- La maison de disques Universal et les éditeurs du titre original exigent quant à eux une reconnaissance juridique claire du préjudice.
Une affaire de patrimoine musical face à la pop globale

L’industrie de la musique internationale se retrouve une nouvelle fois secouée par des interrogations légitimes sur le respect de la propriété intellectuelle et de l’héritage artistique européen. Cette fois-ci, c’est une icône de la culture pop et disco de notre continent, Amanda Lear, qui se retrouve au centre de l’actualité. La chanteuse française de 87 ans soupçonne la star américaine Miley Cyrus de s’être largement inspirée, sans autorisation préalable, de l’un de ses morceaux les plus emblématiques pour façonner son dernier titre. La question du droit d’auteur et de la protection du patrimoine musical européen se pose à nouveau face aux géants de l’industrie américaine. Le morceau incriminé s’intitule « Redlights », issu du dernier opus de la chanteuse américaine, et présenterait des similitudes frappantes avec « The Sphinx », une œuvre originale parue en 1978 sous la plume d’Amanda Lear. Cette affaire ravive le débat sur la préservation des œuvres historiques européennes souvent assimilées sans vergogne par la machine de divertissement d’outre-Atlantique.
L’alerte donnée par le public français
La découverte de ce plagiat présumé ne doit rien aux algorithmes des plateformes d’écoute, mais à la vigilance d’un public fidèle et attaché à son patrimoine national. Ce sont en effet les admirateurs d’Amanda Lear qui ont immédiatement fait le rapprochement entre les deux mélodies et ont alerté l’artiste. L’ancienne muse du peintre surréaliste Salvador Dalí a confié avoir reçu de nombreux messages d’indignation de la part de sa communauté, qualifiant la situation de véritable affront artistique. Tout en gardant la distance et le flegme qui la caractérisent, l’interprète a choisi de réagir publiquement sur ses réseaux sociaux en adressant une pointe d’ironie à sa jeune consœur. C’est une communauté de fidèles qui a décelé les similitudes troublantes entre la nouveauté américaine et l’œuvre originale française. Avec l’élégance qu’on lui connaît, Amanda Lear a tenu à modérer l’ardeur de ses fans, souvent prompts à l’excès, tout en confirmant le bien-fondé de leurs observations face à cette copie manifeste.
« The Sphinx », l’œuvre d’une vie et d’un âge d’or européen
Pour comprendre la blessure morale derrière cette appropriation culturelle, il convient de rappeler ce que représente « The Sphinx » dans la carrière de l’artiste française. Ce titre, extrait de sa troisième compilation majeure intitulée « Never Trust a Pretty Face », n’est pas une simple chanson de variété. Écrit à la fin des années 1970, ce morceau a vu le jour durant une période d’effervescence créative intense pour celle qui fut également proche de David Bowie. Amanda Lear la qualifie volontiers de chanson préférée au sein de son propre répertoire, conçue à un moment charnière de son existence où son inspiration artistique était à son apogée. Ce titre emblématique représente un moment charnière de la carrière de l’artiste, façonné à l’époque triomphante de la création de notre continent. Toucher à cette œuvre, c’est s’attaquer à un monument de la pop culture européenne, une création ciselée par une artiste qui a marqué l’histoire de l’art et de la mode bien au-delà de nos frontières nationales.
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Vers une résolution à l’amiable ou un arbitrage juridique
Face à la puissance financière de la production américaine, la riposte s’organise avec mesure mais fermeté. Si Amanda Lear refuse par tempérament d’adopter une posture agressive ou purement procédurière, elle n’exclut aucun scénario. Elle se dit prête à un accord à l’amiable qui consisterait simplement à intégrer son nom dans les crédits officiels du morceau de Miley Cyrus, reconnaissant ainsi formellement l’influence de la création originale. Cependant, ses partenaires industriels ne l’entendent pas de cette oreille. Sa maison de disques, la major Universal, ainsi que les éditeurs du titre d’origine, exigent quant à eux une reconnaissance juridique claire du plagiat. Si la chanteuse refuse d’entrer dans un conflit frontal, ses éditeurs et sa maison de disques comptent bien faire valoir leurs droits. Entre la menace d’un procès au long cours selon les règles du droit américain et une reconnaissance pacifique, la balle est désormais dans le camp de la production de Miley Cyrus.
La fascination américaine pour l’élégance européenne
Cette affaire met en lumière une dynamique culturelle récurrente : l’immense fascination des stars américaines contemporaines pour les figures de l’élégance et de la subversion européenne du siècle dernier. Miley Cyrus n’a jamais caché son admiration pour la trajectoire singulière d’Amanda Lear, ayant elle-même intégré des morceaux de l’artiste française dans ses sélections musicales publiques. Cette admiration, bien que flatteuse, ne saurait toutefois s’affranchir du respect le plus élémentaire des droits moraux et financiers des créateurs originaux. Cette affaire illustre la porosité des influences culturelles où les icônes d’outre-Atlantique puisent largement dans le répertoire classique européen. À l’heure de la mondialisation des flux musicaux, la défense de nos artistes face aux géants américains demeure un combat essentiel pour la survie et le rayonnement de la culture souveraine européenne.