- Les places boursières européennes et américaines s’orientent à la baisse, le CAC 40 reculant notamment de 0,75% à la mi-journée.
- Le regain de tensions militaires entre les États-Unis et l’Iran ainsi que la hausse du pétrole alimentent la prudence des investisseurs.
- Les rendements obligataires se tendent nettement, l’obligation d’État américaine à dix ans atteignant un sommet de près de trois ans à 4,81%.
- Sur le marché des changes, l’euro fléchit face au dollar tandis que le yen se reprend après des déclarations de la Banque du Japon.
Un climat géopolitique et conjoncturel lourd pour les marchés

Les marchés d’actions entament le mois de septembre sous pression, pénalisés par un environnement géopolitique dégradé et des perspectives macroéconomiques incertaines. Le regain de tensions militaires entre Washington et Téhéran pèse lourdement sur l’appétit pour le risque des investisseurs. Cette reprise des hostilités s’inscrit par ailleurs dans une période historiquement délicate pour les actifs financiers, le mois de septembre affichant traditionnellement des performances négatives, avec un repli moyen de 0,7% pour l’indice américain S&P 500 depuis 1926. En Europe, le recul est généralisé à la mi-journée : le CAC 40 parisien abandonne 0,75% à 8 240,45 points, tandis que le Dax de Francfort cède 0,77% et le FTSE de Londres fléchit de 0,58%.
La flambée des rendements obligataires s’accélère
La hausse continue des taux d’intérêt sur le marché de la dette publique constitue un autre frein majeur pour les marchés d’actions. Les inquiétudes liées au niveau de l’endettement souverain et aux pressions inflationnistes, ravivées par la fermeté des cours du brut, alimentent cette tension. Le rendement de l’obligation d’État américaine à dix ans a ainsi culminé à 4,8122%, un niveau inédit depuis près de trois ans. En Europe, le Bund allemand de même échéance s’établit à 3,3878%, un seuil au plus haut depuis avril 2011, tandis que l’OAT française à dix ans bondit à 4,2655%. Cette dynamique reflète l’anticipation par les opérateurs de nouvelles hausses des taux directeurs de la Réserve fédérale américaine et de la Banque centrale européenne lors de leurs prochaines réunions.
Le dollar se renforce face à un euro affaibli
Sur le marché des changes, le billet vert profite de son statut de valeur refuge et des anticipations de politique monétaire aux États-Unis. L’euro recule de 0,19% face à la devise américaine pour s’échanger à 1,1569 dollar. Selon les analyses de l’économiste George Brown du cabinet Schroders, les trajectoires divergentes de la Réserve fédérale et de la Banque centrale européenne devraient continuer de peser sur la monnaie unique à moyen terme. Par ailleurs, la livre sterling fléchit à 1,3480 dollar, alors que le yen japonais progresse de 0,45% par rapport au dollar après des déclarations du gouverneur de la Banque du Japon, Kazuo Ueda, évoquant la possibilité de hausses de taux consécutives.
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Des dynamiques sectorielles contrastées
Malgré la déprime générale des indices, plusieurs secteurs et valeurs tirent leur épingle du jeu. Les banques européennes profitent des perspectives de taux d’intérêt élevés, à l’image de Commerzbank, HSBC ou Deutsche Bank qui s’inscrivent en hausse, bien que la Société Générale recule de 2,04% après une dégradation de recommandation. Dans le secteur technologique américain, Dell Technologies bondit de près de 10% en avant-bourse après avoir relevé ses prévisions annuelles grâce à la forte demande de serveurs dédiés à l’intelligence artificielle. Du côté des matières premières, les valeurs pétrolières comme Shell ou Equinor progressent dans le sillage des cours du brut, tandis que Nokia avance à la faveur de son retour annoncé au sein de l’indice Euro Stoxx 50 en remplacement de Volkswagen.