- Les défaillances d’entreprises ont bondi de près de 15 % en un an dans les territoires d’Outre-mer, une progression trois fois plus rapide que la moyenne nationale.
- La Guadeloupe enregistre une hausse critique de 29 % des dépôts de bilan, se plaçant juste derrière la Guyane en termes de dégradation économique.
- Selon l’IEDOM, le secteur des transports et de l’entreposage subit le choc le plus brutal avec une augmentation de 47 % des procédures collectives.
Une crise économique d’ampleur dans les territoires d’Outre-mer
La conjoncture économique des territoires ultramarins traverse une période de fortes turbulences. Selon les récentes données de l’Institut d’émission des départements d’Outre-mer (IEDOM) publiées en septembre 2026, les défaillances d’entreprises connaissent une accélération alarmante dans les départements et régions d’Outre-mer (DROM). Entre juillet 2025 et juin 2026, pas moins de 3 040 procédures de redressement et de liquidation judiciaires ont été comptabilisées dans ces territoires. Ce bond de près de 15 % sur un an représente une progression trois fois supérieure à la moyenne observée dans l’Hexagone. Cette dynamique récessive s’est encore intensifiée au cours du deuxième trimestre de l’année 2026, illustrant une fragilisation rapide des structures entrepreneuriales locales.
La Guadeloupe et la Guyane en première ligne
Au sein de ce panorama global, la situation géographique révèle des disparités marquées, bien que la tendance générale reste orientée à la hausse. Si la Guyane subit la dégradation la plus sévère, la Guadeloupe se positionne immédiatement après avec un bilan particulièrement lourd. Le territoire guadeloupéen enregistre en effet une augmentation de 29 % des défaillances d’entreprises, soit 543 procédures recensées en une année. Les difficultés touchent désormais des acteurs d’envergure, à l’image de la fermeture de grandes enseignes nationales comme Sport 2000. Le secteur industriel guadeloupéen subit de plein fouet ce ralentissement, et la dégradation s’est encore accélérée au printemps 2026, confirmant une crise profonde.
Une contagion sectorielle quasi généralisée
Cette vague de dépôts de bilan n’épargne presque aucun domaine d’activité, à l’exception notable de l’agriculture qui parvient à préserver son équilibre. Le commerce de détail, les services aux entreprises, l’aide à la personne ainsi que la réparation automobile subissent de plein fouet cette dégradation conjoncturelle. Le domaine des transports et de l’entreposage s’avère toutefois le plus sinistré de tous, affichant une explosion de 47 % des faillites. Cette crise sectorielle d’envergure souligne les difficultés structurelles majeures auxquelles font face les chefs d’entreprise ultramarins, confrontés à un environnement économique de plus en plus contraint.