Ajouter La Revue à mes sources Google
- Environ 15 à 20 % des accidents vasculaires cérébraux surviennent durant le sommeil sans provoquer de douleur.
- Trois manifestations principales doivent alerter au réveil : la paralysie unilatérale, les troubles du langage et la perte de vision.
- Le Professeur Charlotte Cordonnier préconise d’appeler immédiatement le 15 ou le 112 sans donner à boire ni à manger à la personne.
Un risque nocturne méconnu et totalement indolore
L’accident vasculaire cérébral constitue l’une des urgences médicales les plus fréquentes et les plus graves. Pourtant, ses manifestations ne s’accompagnent pas nécessairement d’un signal d’alarme douloureux. Lorsqu’un AVC survient au cours du sommeil, il ne provoque généralement aucun réveil brutal de la victime. Environ 15 à 20 % des accidents vasculaires cérébraux surviennent pendant le sommeil, constituant ce qu’il est convenu d’appeler un AVC du réveil.
Comme l’explique le Pr Charlotte Cordonnier, professeure de neurologie à l’Université de Lille et cheffe du service de neurologie vasculaire au CHU de Lille, l’absence de réveil s’explique par la nature même de cette affection. L’AVC ne provoquant pas de douleur physique, une personne peut s’endormir en parfaite santé et se réveiller plusieurs heures plus tard en présentant des séquelles neurologiques sévères. Cette absence de souffrance ressentie au cours de la nuit ne diminue en rien la gravité clinique de la situation.
À lire aussi A10 : la circulation vers Bordeaux coupée après l’accident d’un poids lourd
Trois catégories de symptômes à identifier au saut du lit
Au moment du réveil, la découverte des troubles impose un repérage immédiat des signes cliniques par le patient ou par son entourage. Trois catégories de manifestations doivent inciter à une alerte médicale sans délai. La première concerne la motricité : une faiblesse musculaire ou une paralysie soudaine d’un seul côté du corps. Cela se manifeste par un bras ou une jambe inerte, ou par un affaissement asymétrique du visage modifiant le sourire.
La deuxième catégorie de symptômes concerne la communication et la compréhension. La victime d’un AVC du réveil peut éprouver des difficultés à articuler, peiner à trouver ses mots ou ne plus comprendre les propos de son entourage. Enfin, les troubles de la vision représentent la troisième alerte majeure, qu’il s’agisse d’une perte brutale de la vue d’un œil ou d’une vision double. D’autres signes soudains, comme un déséquilibre marqué ou un mal de tête d’une intensité inhabituelle, doivent également éveiller la suspicion.
Les réflexes d’urgence pour préserver la santé du patient
Face à ces symptômes, il est indispensable d’adopter immédiatement les bons réflexes civiques et sanitaires. L’attitude consistant à attendre une amélioration spontanée constitue une perte de chance majeure pour le malade. Dès le constat d’un signe d’alerte, il convient de contacter sur-le-champ les services de régulation médicale via le 15 (SAMU) ou le 112.
En attendant la prise en charge par les secours, des consignes de prudence strictes doivent être appliquées au domicile. Il est vital de maintenir la personne allongée et de ne lui donner ni à boire ni à manger, même si les symptômes s’estompent. Le Pr Cordonnier souligne l’importance d’établir des repères temporels précis : il faut noter l’heure exacte du réveil ainsi que l’heure à laquelle la personne a été vue pour la dernière fois en bonne santé, généralement au moment du coucher.
Une prise en charge hospitalière spécialisée malgré l’incertitude horaire
Le fait d’ignorer l’instant précis où l’accident s’est produit durant la nuit ne condamne pas le patient à l’inaction médicale. La médecine hospitalière moderne s’appuie sur des outils de diagnostic avancés pour déterminer l’ancienneté des lésions. La réalisation rapide d’une IRM cérébrale ou d’un scanner permet aux neurologues de cartographier le cerveau et d’identifier les zones de tissus encore irrigables.
Sur la base de cet examen d’imagerie médicale, des protocoles thérapeutiques de désobstruction peuvent être engagés à l’hôpital. Selon l’état du patient, des actes spécialisés comme la thrombolyse ou la thrombectomie demeurent envisageables pour déboucher l’artère cérébrale. La rapidité du signalement aux services de secours reste le facteur décisif pour minimiser les séquelle neurologiques à long terme.