- L’ancien Premier ministre Édouard Balladur est décédé le lundi 31 août 2026 à l’âge de 97 ans.
- Il a dirigé le gouvernement de 1993 à 1995 lors de la deuxième cohabitation sous la présidence de François Mitterrand.
- Il avait présidé en 2007 le comité de réflexion à l’origine de la plus importante révision de la Constitution de la Ve République.
La disparition d’une figure singulière de la Ve République
L’ancien Premier ministre français Édouard Balladur est décédé le lundi 31 août 2026 à l’âge de 97 ans. Personnage hautement singulier de la vie politique, il s’est éteint après un parcours riche au sommet de l’État, marqué par sa fidélité passée à Georges Pompidou et ses relations de respect mutuel avec François Mitterrand. Sa disparition marque la fin d’un monde où la qualité d’homme d’État s’associait à de fortes convictions et à un savoir-vivre traditionnel. Chef du gouvernement de 1993 à 1995, il fut l’un des rares Premiers ministres à pleinement diriger la politique nationale, dans le cadre d’une cohabitation activement défendue. Candidat à l’élection présidentielle de 1995 face à son ancien allié Jacques Chirac, il a marqué l’histoire par la dignité de son parcours politique.
Un héritage institutionnel majeur pour l’État français
Au-delà de ses fonctions à Matignon, Édouard Balladur s’est imposé comme un sage de la République, régulièrement consulté sur les grands sujets de société. En 2007, le président de la République Nicolas Sarkozy lui a confié la présidence du Comité de réflexion sur les institutions de la Ve République. Les travaux de ce comité ont conduit en 2007 à la plus importante révision constitutionnelle qu’ait connue le texte de 1958. Ce rôle de premier plan, mené aux côtés de figures de divers horizons, témoigne de son expertise du droit public. Demeuré actif jusqu’au terme de sa vie, ce libéral convaincu avait publié récemment un essai pour alerter sur les dérives de l’Europe institutionnelle et défendre la souveraineté nationale.