- Le président du groupe Les Républicains au Sénat, Bruno Retailleau, qualifie de « démagogique » la volonté du Rassemblement national d’interdire le voile dans la rue.
- Le Rassemblement national confirme son intention de soumettre cette interdiction à un référendum sur l’islamisme en cas de victoire à l’élection présidentielle de 2027.
- À la place d’une interdiction générale, le sénateur LR préconise des restrictions ciblées, notamment dans les compétitions sportives fédérales et pour les accompagnatrices scolaires.
Une opposition frontale sur la laïcité dans la rue

Le débat sur la visibilité des signes religieux dans l’espace public suscite de vives tensions au sein de la droite et de l’extrême droite. Le président du groupe Les Républicains (LR) au Sénat, Bruno Retailleau, a fermement rejeté la proposition du Rassemblement national (RN) visant à interdire le port du voile islamique dans la rue, la qualifiant de « populisme » et de « démagogie ». Bruno Retailleau estime que cette proposition est juridiquement inapplicable dans le cadre constitutionnel actuel de la laïcité, soulignant qu’une telle prohibition forcerait également à proscrire d’autres symboles religieux, comme la kippa ou les coiffes des religieuses chrétiennes.
La stratégie référendaire du Rassemblement national
Cette passe d’armes fait suite aux déclarations de Marine Le Pen, Jordan Bardella et du député Jean-Philippe Tanguy. Les dirigeants du RN ont réaffirmé qu’en cas de victoire à la présidentielle de 2027, un référendum de lutte contre l’islamisme serait organisé, incluant l’interdiction du voile dans l’espace public. Le recours à cette consultation populaire viserait à contourner une censure du Conseil constitutionnel, bien que la convocation même d’un tel référendum puisse être contestée par les sages. Pour le président du groupe LR, les lieutenants du RN savent pertinemment que leur mesure est inapplicable sur le terrain et pose la question de la mobilisation concrète des forces de l’ordre au quotidien.
Les alternatives proposées par la droite sénatoriale
Face au projet global de ses opposants, le sénateur de la Vendée défend une approche plus ciblée. Il rappelle avoir porté plusieurs initiatives législatives déjà votées en première lecture à la chambre haute, comme l’interdiction du voile lors des compétitions sportives fédérales afin de préserver la neutralité du sport, ainsi que pour les accompagnatrices de sorties scolaires. Le chef de file des sénateurs de droite privilégie une lutte contre l’idéologie des Frères musulmans, notamment via la création d’un délit d’entrisme voté par le Sénat en mai dernier. Il s’est en revanche abstenu d’évoquer la proposition du président de LR à l’Assemblée, Laurent Wauquiez, qui souhaite interdire le voile pour les mineurs dans tout l’espace public.
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Clarification des lignes politiques sur l’immigration
Accusé par le RN de préparer un rapprochement avec Édouard Philippe et Gabriel Attal, Bruno Retailleau a tenu à réaffirmer sa propre doctrine, se défendant de toute politique d’ambiguïté. Il a vivement critiqué les positions de l’ancien Premier ministre Édouard Philippe sur la gestion des flux migratoires. Bruno Retailleau plaide pour un durcissement drastique de l’immigration légale et clandestine, s’appuyant notamment sur le fait que près de 400 000 étrangers en situation régulière sont actuellement inscrits à France Travail pour justifier une réduction stricte de l’accès au marché de l’emploi.