La Revue Actualité · France & Monde
jeudi 10 septembre 2026
Accueil International Israël : soupçons d’ingérence étrangère après des accusations ciblant Benyamin Netanyahu
International

Israël : soupçons d’ingérence étrangère après des accusations ciblant Benyamin Netanyahu

Partager
Israël : soupçons d’ingérence étrangère après des accusations ciblant Benyamin Netanyahu
Partager
L’essentiel
  • Le Likoud, parti de Benyamin Netanyahu, accuse la personnalité palestinienne Mohamed Dahlan d’ingérence politique.
  • Une polémique enfle concernant un avertissement émirati présumé transmis avant les attaques du 7-Octobre et ignoré par le pouvoir.
  • L’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant pointe du doigt la gestion très restreinte des informations sécuritaires par le Premier ministre.
  • Les tensions politiques redoublent à l’approche des élections, renforçant la demande d’une commission d’enquête indépendante.

Une controverse politique axée sur les failles sécuritaires

Israël : soupçons d’ingérence étrangère après des accusations ciblant Benyamin Netanyahu

Le débat relatif à la responsabilité des défaillances sécuritaires du 7 octobre 2023 connaît un nouveau rebondissement au cœur de la scène politique israélienne. Une publication récente soutient que le président des Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed, aurait personnellement averti le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, de la préparation d’une offensive majeure par le Hamas, seulement quelques jours avant le drame. Selon ces informations, le chef du gouvernement n’aurait donné aucune suite à cet avertissement stratégique. Le Premier ministre israélien opte pour une riposte judiciaire ferme face à ce qu’il qualifie de manœuvre diffamatoire.

Cette contestation de la gestion gouvernementale intervient dans un climat de forte tension institutionnelle. Alors que le traumatisme national du 7-Octobre demeure le pivot de la vie politique à Jérusalem, l’exécutif récuse catégoriquement la réalité de cet échange téléphonique secret. Benyamin Netanyahu a immédiatement manifesté son intention de porter plainte afin de défendre l’honneur de sa fonction et de stopper la diffusion d’informations qu’il juge mensongères.

L’accusation d’ingérence étrangère formulée par le Likoud

Face à la montée des critiques, la formation souverainiste au pouvoir a promptement réagi en déplaçant le débat sur le terrain de la souveraineté nationale et des menaces extérieures. Le Likoud dénonce ouvertement une opération de déstabilisation orchestrée depuis l’étranger pour affaiblir les institutions démocratiques du pays. Selon les cadres du parti présidentiel, cette offensive de communication serait menée en concertation avec l’opposition interne, représentée notamment par le parti de gauche Les Démocrates. Les partisans du chef du gouvernement dénoncent une tentative de déstabilisation orchestrée depuis l’étranger avec l’appui de l’opposition de gauche.

À lire aussi Israël : les interrogations autour d’une alerte reçue par Benjamin Netanyahou

Le Likoud cible explicitement un homme : Mohamed Dahlan, ancienne figure de l’Autorité palestinienne aujourd’hui établie en exil aux Émirats arabes unis. Les dirigeants du parti de la majorité affirment que cet acteur influent chercherait activement à provoquer la chute du gouvernement israélien dans le but d’asseoir son autorité future sur la bande de Gaza. Pour la droite israélienne, l’instrumentalisation de questions de défense nationale à des fins de politique interne constitue une atteinte grave à la cohésion du pays.

Le jeu ambigu de Mohamed Dahlan et le mutisme d’Abou Dabi

Invité à réagir à ces lourdes imputations, Mohamed Dahlan a réfuté toute volonté de renverser le cabinet exécutif israélien. Toutefois, le responsable palestinien s’est gardé de nier son rôle éventuel dans la fuite des informations relatives à l’entretien présumé entre Abou Dabi et Jérusalem. De leur côté, les autorités émirates ont choisi une posture de réserve mesurée. L’administration d’Abou Dabi s’est refusée à tout commentaire officiel, invoquant son refus habituel de réagir aux spéculations de la presse, sans pour autant apporter un démenti formel aux déclarations relayées. Tout en rejetant l’intention de renverser le pouvoir à Jérusalem, l’homme fort palestinien n’a pas démenti être à l’origine des révélations.

Ce mutisme diplomatique alimente les interrogations sur la nature réelle des canaux de communication informels entre les États de la région et le pouvoir israélien avant la tragédie. La réticence des Émirats arabes unis à clore définitivement l’incident montre combien les équilibres diplomatiques issus des accords de normalisation restent délicats lorsqu’ils sont confrontés aux impératifs de sécurité nationale.

Tensions au sommet de l’appareil de Défense et perspectives électorales

L’affaire met également en lumière les fractures profondes au sein de l’appareil sécuritaire israélien. Yoav Gallant, ministre de la Défense au moment des faits et démis de ses fonctions en 2024, est intervenu pour préciser qu’il n’avait jamais eu connaissance d’un tel avertissement transmis par Mohammed ben Zayed. « Je ne sais pas si elle a eu lieu », a-t-il déclaré à propos de la conversation, avant d’ajouter une observation révélatrice : « Mais lorsque le Premier ministre ne veut pas que quelque chose soit rapporté, cela ne l’est pas. » L’approche de l’échéance électorale transforme les défaillances du 7-Octobre en un affrontement politique majeur.

Cette mise en cause de la centralisation du pouvoir décisionnel par le Premier ministre renforce les exigences de l’opposition et d’une partie de l’opinion publique en faveur de la création d’une commission d’enquête indépendante. Alors que le pays se rapproche d’échéances électorales cruciales, la vérité sur la chaîne de commandement et le traitement des renseignements avant le 7-Octobre s’impose comme le sujet central du débat républicain, opposant le besoin de transparence institutionnelle aux impératifs de stabilité de l’État.

Partager
Écrit par
Nadia Belkacem

Suit l'actualité internationale, avec un intérêt particulier pour le Proche-Orient, l'Europe et les questions migratoires.

La Revue est le média numéro 1 de l'actualité en France et dans le monde : politique, économie, société, international, sciences et techniques, sport, culture et art de vivre. Un fil d'information tenu tout au long de la journée, et des articles qui replacent chaque fait dans son contexte, avec une exigence : dire ce qui s'est passé, et rien d'autre. Retrouvez toute l'actualité sur le web et dans notre application.

CONTACTEZ LE GROUPE LA REVUE

Pour nous contacter, vous pouvez nous envoyer un mail directement à cette adresse : larevuegroupe@gmail.com.

Copyright 2026-2027 LA REVUE. Tous droits réservés.