- Le ministre syrien des Affaires étrangères Assaad Chaibani a rencontré le chef du Mossad Roman Gofman en Jordanie.
- Damas réclame le retrait israélien sur les positions antérieures au 8 décembre 2024 et le respect de l’accord de désengagement de 1974.
- Ces négociations directes et unifiées contrastent avec les blocages du Liban, freiné par l’influence politique et militaire du Hezbollah.
Des discussions directes initiées en Jordanie
Une réunion de haut niveau s’est tenue récemment en Jordanie entre des responsables syriens et israéliens, sous médiation américaine. Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad Chaibani, accompagné de ses chefs du renseignement, a rencontré le directeur du Mossad, Roman Gofman. Ce rendez-vous visait à désamorcer la crise née de la frappe israélienne du 18 août sur la base d’Abou al-Douhour. Damas y a exigé le retrait des forces israéliennes vers leurs positions antérieures au 8 décembre 2024 et la réactivation de l’accord de désengagement de 1974. Bien que qualifiées de productives, ces discussions s’inscrivent dans un climat de profonde méfiance mutuelle. La Syrie exige en effet l’arrêt des frappes avant d’évoquer la paix, tandis qu’Israël fixe ses propres lignes rouges, comme la démilitarisation du Golan et le blocage de l’influence turque.
Une asymétrie politique marquante avec le Liban
Ce processus direct contraste fortement avec la situation du Liban, dont les négociations indirectes piétinent. Beyrouth tente de négocier un accord-cadre prévoyant le déploiement de son armée en échange du désarmement du Hezbollah, mais se heurte à l’architecture politique de son pays. Contrairement à la Syrie où le pouvoir parle d’une seule voix, l’État libanais doit composer avec le veto de fait de la milice chiite. La coexistence entre les institutions étatiques libanaises et l’appareil militaire du Hezbollah paralyse toute avancée diplomatique d’envergure. Alors que Damas tente d’éviter que son territoire ne devienne un champ de bataille régional, Beyrouth reste bloqué dans une forme d’impasse politique interne.