- L’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, est mort en détention à l’âge de 84 ans.
- Il purgeait une peine de réclusion à perpétuité confirmée en appel en 2021 par la justice internationale.
- Il a été reconnu coupable de génocide pour le massacre de 8 000 Bosniaques musulmans à Srebrenica en 1995.
- Arrêté en 2011 après seize ans de cavale, il est décédé aux Pays-Bas après le rejet d’une demande de transfert médical.
Un décès en détention à La Haye

L’ancien responsable militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, est mort ce jeudi 27 août à l’âge de 84 ans alors qu’il purgeait sa peine aux Pays-Bas. L’ancien général est décédé au centre pénitentiaire des Nations unies à La Haye à l’âge de 84 ans. Gravement malade depuis de nombreux mois, son décès intervient quelques jours après le rejet, par le Mécanisme résiduel pour les tribunaux pénaux de l’ONU, d’une demande de transfert vers un hôpital militaire de Belgrade. Cette requête, formulée conjointement par sa famille et les autorités serbes afin qu’il puisse y suivre des traitements médicaux, avait suscité de vives tensions, ses proches accusant l’administration pénitentiaire de négligence médicale.
Un rôle central dans les atrocités de la guerre de Bosnie
Commandant en chef de l’armée de la Republika Srpska durant le conflit qui a déchiré l’ex-Yougoslavie de 1992 à 1995, Ratko Mladic a incarné le bras armé du nationalisme serbe aux côtés de Slobodan Milosevic et de Radovan Karadzic. La guerre de Bosnie-Herzégovine a provoqué la mort d’environ 100 000 personnes et déplacé plus de 2 millions de civils. La justice internationale l’avait reconnu coupable de génocide pour l’exécution de 8 000 hommes et garçons musulmans à Srebrenica. En juillet 1995, dans cette zone censée être sous la protection des Nations unies, les troupes sous ses ordres ont orchestré le pire massacre commis sur le sol européen depuis la Seconde Guerre mondiale, accompagnant ces exécutions de campagnes systématiques de déplacement forcé et de nettoyage ethnique.
Seize ans de cavale avant la justice internationale
Visé par un mandat d’arrêt du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie dès la fin de l’année 1995, le dirigeant militaire est parvenu à se soustraire aux recherches pendant plus d’une décennie et demie, bénéficiant pendant longtemps de protections au sein de réseaux militaires. Inculpé dès 1995, Ratko Mladic aura échappé à la justice pendant seize ans avant son arrestation en 2011. Appréhendé en Serbie sous une fausse identité, il a été extradé vers La Haye pour y être jugé. Tout au long de ses comparutions, il a fermement rejeté la légitimité du tribunal, dénonçant une justice partisane. Sa condamnation à la réclusion à perpétuité pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité avait été prononcée en 2017 puis confirmée en appel en 2021.