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lundi 21 septembre 2026
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Souveraineté économique : Moscou prend le contrôle des filiales d’Auchan et Nestlé

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Souveraineté économique : Moscou prend le contrôle des filiales d’Auchan et Nestlé
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L’essentiel
  • Le gouvernement russe a placé sous tutelle étatique les filiales d’entreprises européennes, dont le géant de la distribution Auchan, l’ancien Leroy Merlin et l’agroalimentaire Nestlé.
  • Ces actifs stratégiques sont désormais confiés à la société L.E.V. Management, dirigée par le général russe Andreï Kraiouchkine.
  • Le Quai d’Orsay dénonce une mise sous administration provisoire abusive et appelle les autorités de Moscou à revenir sur cette décision unilatérale.
  • Pour la famille Mulliez, propriétaire d’Auchan, cette mesure menace directement un réseau de 241 magasins employant plus de 33 000 salariés en Russie.

Un nouveau coup de force économique de Moscou

Souveraineté économique : Moscou prend le contrôle des filiales d’Auchan et Nestlé

La confrontation économique entre l’Occident et la Fédération de Russie vient de franchir un nouveau cap d’une extrême gravité pour nos intérêts nationaux. Moscou a officiellement pris le contrôle opérationnel des actifs de plusieurs grandes multinationales européennes toujours présentes sur son territoire, ciblant en premier lieu le secteur de la grande distribution et de l’agroalimentaire. Parmi les victimes de cette offensive réglementaire figurent le géant helvétique Nestlé ainsi que l’enseigne française Auchan, propriété de l’association familiale Mulliez. Cette décision administrative transfère la gestion de ces filiales à une entité de droit russe baptisée L.E.V. Management. Selon des investigations documentées par la presse indépendante russe, cette structure mystérieuse a été mise sur pied à la fin de l’année 2025 et est placée sous l’autorité directe d’Andreï Kraiouchkine, un général de l’armée russe. Cette mainmise étatique illustre la vulnérabilité de nos fleurons industriels face au retour de la brutalité géopolitique. Pour les partisans de la souveraineté économique, ce coup de force rappelle que les investissements transnationaux demeurent brutaux et tributaires du bon vouloir des États d’accueil, particulièrement en période de haute tension internationale.

La réaction prudente du Quai d’Orsay

Face à ce qui s’apparente à une nationalisation rampante, le ministère français des Affaires étrangères a réagi fermement en dénonçant la mise sous administration provisoire arbitraire de plusieurs entreprises françaises et européennes. Dans un communiqué officiel, le Quai d’Orsay a solennellement appelé les autorités russes à révoquer cette mesure de spoliation, tout en assurant être en liaison permanente avec les directions des groupes pénalisés. La marge de manœuvre de Paris apparaît toutefois étroite face à la détermination du Kremlin. Du côté des entreprises visées, la prudence reste de mise pour éviter toute escalade préjudiciable aux équipes locales. La direction russe d’Auchan a ainsi fait savoir qu’elle avait sollicité des clarifications auprès des autorités, tandis que le groupe Nestlé s’est contenté de déclarer qu’il prenait note de la situation. Face au fait accompli imposé par Moscou, la diplomatie française se retrouve contrainte d’intervenir pour tenter de préserver l’intégrité de nos champions nationaux. Cette crise démontre les limites de la diplomatie purement verbale lorsque les intérêts vitaux de nos entreprises sont directement pris pour cibles à l’étranger.

L’empire Mulliez dans la tourmente russe

L’exposition de l’économie française à cette décision est considérable, en particulier pour le groupe Mulliez, figure historique du capitalisme familial du nord de la France. Auchan dispose en effet d’un réseau immense sur le territoire russe : sa filiale locale gère 241 magasins, dont 62 hypermarchés, et emploie plus de 33 000 salariés. Ces infrastructures, construites au fil de décennies d’implantation et d’investissements massifs, se retrouvent aujourd’hui sous la coupe d’un officier général russe. L’ex-Leroy Merlin, autre pilier de l’empire Mulliez cédé précédemment à une gestion locale mais dont certains liens subsistaient, subit également les contrecoups de cette réorganisation forcée. Avec plus de 33 000 collaborateurs sur le sol russe, le distributeur nordiste Auchan fait face à un risque majeur de spoliation de son outil de travail. Pour les défenseurs de notre tissu industriel, la perte de contrôle de telles infrastructures représente un préjudice patrimonial et financier immense, dont les conséquences à long terme sur la solidité de nos groupes ne sont pas à négliger.

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Une rhétorique de guerre économique bilatérale

Pour justifier ce coup de force, le Kremlin s’appuie sur une rhétorique de réciprocité et de défense nationale dans le cadre de l’affrontement indirect avec les puissances occidentales. Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a explicitement justifié ces saisies en affirmant que les entreprises concernées appartiennent à des « pays inamicaux » engagés de la manière la plus active possible dans des actions contre la Russie. Cette situation piège les groupes européens dans un étau géopolitique intenable. D’un côté, Kiev et ses alliés reprochaient à ces multinationales leur maintien en Russie, les accusant de financer indirectement l’effort de guerre du Kremlin. De l’autre, Moscou utilise désormais leur présence pour mener des représailles directes. Des experts financiers soulignent que ce mode opératoire de mise sous tutelle constitue presque systématiquement en Russie le prélude à une vente forcée ou à une expropriation définitive au profit d’intérêts locaux proches du pouvoir. En qualifiant la France de pays hostile, le Kremlin utilise l’arme réglementaire pour sanctionner les entreprises européennes restées sur son territoire. Cette réalité amère confirme la nécessité urgente de repenser la sécurité globale de nos investissements stratégiques hors de nos frontières nationales.

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Écrit par
Nadia Belkacem

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