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lundi 21 septembre 2026
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Perpignan : l’Agence de l’eau double ses investissements face à la sécheresse

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Perpignan : l'Agence de l'eau double ses investissements face à la sécheresse
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L’essentiel
  • La communauté urbaine de Perpignan Méditerranée Métropole et l’Agence de l’eau Méditerranée Corse renouvellent leur partenariat jusqu’en 2030.
  • La contribution financière de l’Agence de l’eau s’élève à 13,4 millions d’euros, contre 7 millions lors de la précédente convention, sur un budget global de 48 millions d’euros.
  • Le programme prévoit plus de 120 opérations concrètes, incluant la chasse aux fuites de réseaux, la refonte des stations d’épuration et la désimperméabilisation des sols dans 10 communes.

Un investissement massif face à un défi climatique et souverain

Perpignan : l'Agence de l'eau double ses investissements face à la sécheresse

Le vendredi 18 septembre 2026, la communauté urbaine Perpignan Méditerranée Métropole a franchi un cap décisif dans la préservation de son patrimoine naturel et de sa sécurité d’approvisionnement en eau. En renouvelant son partenariat avec l’Agence de l’eau Méditerranée Corse jusqu’en 2030, la métropole s’engage dans un vaste programme d’investissements destiné à faire face aux conséquences de plusieurs années d’une sécheresse historique. Pour ce territoire du sud de la France, la maîtrise de l’eau n’est plus seulement un enjeu environnemental, mais une question de souveraineté locale et de survie économique pour ses agriculteurs et ses habitants. Face à une sécheresse historique qui fragilise le Roussillon, les pouvoirs locaux intensifient leurs efforts pour sécuriser l’accès à cette ressource vitale. Ce nouveau contrat de métropole fixe une feuille de route claire et pragmatique, structurée autour de plus de 120 opérations concrètes réparties sur les quatre prochaines années.

Une aide publique doublée pour moderniser des infrastructures vieillissantes

Pour soutenir cette ambition locale, l’effort financier consenti par les instances de bassin atteint des proportions inédites. Lors de la précédente convention, l’Agence de l’eau s’était limitée à une aide de 7 millions d’euros. Cette fois, l’organisme double sa participation en signant un chèque de 13,4 millions d’euros, portant l’enveloppe globale des travaux prévus à 48 millions d’euros d’ici la fin de la décennie. Ce saut quantitatif témoigne de la situation critique des Pyrénées-Orientales, désormais placées sous haute surveillance. Au total, ce sont près de 30 millions d’euros qui ont été injectés par l’Agence de l’eau dans ce département sur les deux dernières années. Comme le souligne Julie Colomb, directrice de la délégation de Montpellier de l’Agence de l’eau, les mentalités doivent évoluer face à la raréfaction de la ressource. L’Agence de l’eau a choisi de doubler son soutien financier direct pour atteindre 13,4 millions d’euros, actant l’urgence de la situation dans les Pyrénées-Orientales. Les acteurs locaux doivent désormais abandonner l’illusion d’une autonomie hydrique naturelle pour basculer vers une gestion rigoureuse et sobre de chaque mètre cube.

La lutte contre le gaspillage : chasser les fuites et rationaliser l’assainissement

Sur le plan technique, ce plan d’action ne se perd pas en théories abstraites mais cible des infrastructures défaillantes qui pénalisent l’efficacité du réseau public. Le programme intègre la réhabilitation complète de la station d’épuration de Tautavel, ainsi que le raccordement direct des réseaux de distribution des communes de Rivesaltes et de Peyrestortes à celui de la ville-centre de Perpignan. Cette centralisation permettra la démolition des anciennes stations d’assainissement obsolètes de ces deux localités, rationalisant ainsi les coûts et limitant les risques de pollution. Parallèlement, un travail colossal sera engagé sur les canalisations d’eau potable pour traquer le gaspillage invisible. Gwénolé Le Roux, chargé d’intervention à l’Agence de l’eau, rappelle que la réduction des fuites est cruciale pour soulager la pression constante qui s’exerce sur les nappes souterraines du Roussillon. La priorité absolue réside dans la modernisation d’un réseau vétuste afin d’endiguer les pertes hydriques et de soulager durablement les nappes phréatiques du Roussillon.

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Aménagement du territoire : désimperméabiliser pour recharger les sols

L’autre volet d’envergure de cet accord repose sur un aménagement urbain de bon sens, loin de l’écologie punitive mais proche des réalités de nos terroirs. Dix municipalités de la communauté urbaine · incluant Perpignan, Saleilles, Baho, Canohès, Pézilla-la-Rivière, Saint-Laurent-de-la-Salanque, Saint-Nazaire, Torreilles, Villelongue-de-la-Salanque et Opoul-Périllos · vont entreprendre des travaux de désimperméabilisation. Il s’agit de retirer le goudron et le béton superflus des places publiques et des cours de récréation pour les remplacer par des revêtements perméables ou des espaces végétalisés. Cette méthode éprouvée favorise l’infiltration directe des eaux de pluie dans le sol, rechargeant ainsi naturellement les réserves souterraines plutôt que de les laisser se perdre dans les réseaux d’évacuation saturés lors des rares mais violents épisodes orageux méditerranéens. Une dizaine de municipalités de la métropole perpignanaise vont engager des travaux de végétalisation et de retrait du bitume pour favoriser l’infiltration naturelle des pluies.

Au-delà de l’urgence locale, le grand défi de l’indépendance hydrique régionale

Si ces mesures de proximité sont indispensables pour parer au plus pressé, elles s’inscrivent dans une réflexion territoriale beaucoup plus vaste concernant la pérennité de l’approvisionnement du Roussillon. L’interconnexion des réseaux locaux et la sobriété d’usage ne suffiront peut-être pas à garantir l’avenir d’un département soumis à des étés arides. C’est pourquoi les décideurs locaux et régionaux, à l’instar de Jean-Louis Cazaubon, vice-président de la Région Occitanie, continuent d’étudier des alternatives structurelles majeures, telles que le projet Aqua Domitia destiné à acheminer l’eau du Rhône jusqu’aux Pyrénées-Orientales. Ce grand chantier d’aménagement, dont la première phase d’études s’est achevée au début de l’année 2026, démontre que la sauvegarde de nos territoires exige une planification d’État d’envergure nationale, combinant efforts locaux de sobriété et grands travaux d’infrastructure. La gestion à long terme de l’eau impose de dépasser les solutions de court terme pour envisager des raccordements d’envergure nationale, à l’image des réflexions menées sur le projet Aqua Domitia. Seule cette alliance entre pragmatisme de terrain et ambition souveraine permettra d’assurer la survie économique de nos provinces face aux défis climatiques du XXIe siècle.

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Écrit par
Raphael Simon

Fondateur et directeur de la publication de La Revue. Il suit l'économie des médias, l'hôtellerie et les grandes tendances de consommation.

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