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lundi 7 septembre 2026
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Éducation : quel bilan pour les réformes menées sous la présidence d’Emmanuel Macron ?

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Éducation : quel bilan pour les réformes menées sous la présidence d'Emmanuel Macron ?
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L’essentiel
  • Alors que 11,6 millions d’élèves effectuent leur rentrée, le bilan de la décennie de réformes éducatives affiche un constat mitigé.
  • L’économiste Xavier Jaravel alerte sur la hausse des inégalités scolaires et pointe la baisse des heures de mathématiques pour les filles après la réforme du baccalauréat.
  • Face à l’interdiction des téléphones, les experts soulignent l’impact limité de cette mesure à l’étranger et préconisent de mobiliser l’intelligence artificielle.
  • La directrice du think tank Vers le Haut, Marie-Caroline Missir, appelle à s’inspirer du modèle de l’Estonie pour structurer le numérique éducatif.

Une décennie de réformes face au défi persistant des inégalités

Éducation : quel bilan pour les réformes menées sous la présidence d'Emmanuel Macron ?

À l’occasion de la rentrée scolaire, qui concerne plus de 11 millions d’élèves, l’heure est au bilan pour les politiques éducatives menées sous la présidence d’Emmanuel Macron. Si des mesures ciblées, à l’instar du dédoublement des classes de CP et CE1 dans les réseaux d’éducation prioritaire (REP et REP+), ont été saluées, elles n’ont pas suffi à inverser les tendances lourdes. L’économiste Xavier Jaravel constate une hausse des inégalités ainsi qu’une érosion du niveau global, qui touche désormais les meilleurs élèves. En outre, la restructuration du baccalauréat a entraîné une baisse significative du volume d’heures de mathématiques, pénalisant particulièrement les élèves féminines. Cette réduction du temps scientifique compromet l’accès des jeunes filles aux écoles d’ingénieurs, aggravant ainsi les disparités de genre historiques dans ces filières d’excellence.

La gestion des écrans : dépasser la simple interdiction

Face à la volonté de restreindre drastiquement l’usage des smartphones au sein des établissements scolaires, les spécialistes invitent à mener une réflexion plus globale. L’interdiction des téléphones portables, déjà éprouvée dans plusieurs pays comme les États-Unis ou le Brésil, n’a démontré que des effets marginaux sur les résultats académiques et le climat scolaire. Les experts estiment qu’un encadrement purement répressif fait obstacle à une véritable éducation aux technologies contemporaines. Plutôt que d’exclure les outils technologiques, l’enjeu réside dans leur intégration pédagogique constructive. L’intelligence artificielle générative pourrait ainsi s’affirmer comme un formidable outil d’accompagnement si elle est mise au service des enseignants. Sans la mise en place d’espaces de discussion et d’initiatives co-construites avec les élèves, l’exclusion des écrans risque de demeurer sans effet durable.

S’inspirer du modèle estonien pour structurer le numérique éducatif

Pour réussir la transition technologique des établissements, la France doit clarifier sa doctrine et dépasser la seule logique d’équipement matériel. Marie-Caroline Missir, directrice générale du think tank Vers le Haut, cite en exemple l’Estonie, devenue l’une des nations européennes les plus performantes en mathématiques et en lecture grâce à une intégration précoce du numérique. Ce modèle repose sur le développement d’outils d’apprentissage adaptés et sur la formation continue des enseignants. Ce retard dans la maîtrise des technologies éducatives fait écho à un enjeu de productivité pour l’économie nationale, dont certains secteurs peinent à assimiler les outils numériques. Une numérisation ordonnée permettrait d’élever le niveau scolaire tout en préparant mieux les élèves aux exigences du marché du travail.

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Écrit par
Camille Perrin

Couvre la politique française : institutions, gouvernement, partis, réformes et vie parlementaire.