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- Vingt-quatre signataires demandent la fondation d’un Conseil national de la Guadeloupe pour préparer l’indépendance de l’archipel.
- Le mouvement est conduit par des figures historiques telles que Luc Reinette et l’ancien député européen Jean-Jacob Bicep.
- Cette initiative survient dans un contexte de tensions sociales marquées par des barrages et des blocages sur le territoire.
Une structure de transition vers la souveraineté totale
Le samedi 24 octobre, un collectif composé de vingt-quatre personnalités guadeloupéennes a diffusé un manifeste appelant à la constitution immédiate d’un « Conseil national de la Guadeloupe ». Ce projet d’institution provisoire est explicitement présenté comme un outil de transition destiné à préparer l’accession de l’archipel à la pleine souveraineté. Sous la forme d’un « Shadow Government » (gouvernement de l’ombre), cette entité n’entend pas renverser les structures administratives actuelles par une substitution brutale, mais souhaite organiser un cadre politique parallèle capable de porter un projet de société indépendant de la République française. Les auteurs de l’appel estiment que le peuple guadeloupéen doit désormais assumer seul sa responsabilité politique, sans attendre de nouveaux aménagements législatifs de la part de Paris. Cette initiative marque une volonté de rupture franche avec le cadre départemental et régional français actuel.
Le retour de figures historiques du mouvement indépendantiste
La liste des signataires révèle une coalition entre figures historiques du militantisme radical et cadres syndicaux de longue date. On y retrouve notamment Luc Reinette, visage emblématique du mouvement indépendantiste ayant participé, dans les années 1980, à l’Alliance révolutionnaire caraïbe (ARC), une organisation alors engagée dans des actions clandestines. À ses côtés figurent Raymond Gauthierot, ancien secrétaire général de l’UGTG, organisation syndicale centrale dans les luttes sociales locales, et Jean-Jacob Bicep, secrétaire général de l’Union populaire pour la libération de la Guadeloupe (UPLG), mouvement fondé en 1978. Le choix de la date du 24 octobre renvoie symboliquement au soulèvement de 1801 contre l’amiral Lacrosse, représentant du pouvoir central, épisode qui avait mené à l’installation d’un conseil de gouvernement autonome avant l’intervention des troupes françaises en 1802. Les meneurs du projet s’inscrivent ainsi dans une longue tradition de contestation de la souveraineté française sur l’archipel.
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Des revendications radicales dans un climat social inflammable
Au-delà de la simple revendication institutionnelle, le texte dénonce une dépendance économique jugée insupportable, la spéculation foncière et les carences du système éducatif. Les signataires exigent l’ouverture de négociations globales avec l’État français, portant non seulement sur les institutions, mais aussi sur les domaines sociaux, culturels et financiers. Ils réclament notamment des réparations pour la période coloniale, l’esclavage et l’engagisme, affirmant qu’il ne s’agit plus de « mendier des transferts compensatoires ». Cet appel intervient alors que la Guadeloupe est secouée par de violents heurts sociaux et des barrages routiers depuis plusieurs jours, témoignant d’une dégradation politique croissante. En proclamant l’existence d’une « NATION » guadeloupéenne devant être consacrée, ce collectif pose un jalon politique qui défie directement l’unité de la République. Le projet prévoit la création d’une Assemblée populaire pour valider un projet de société destiné à la future République de Guadeloupe.