- Un habitant de Tournai, en Belgique, conteste une facture d’électricité s’élevant à près de 54 000 euros.
- Malgré l’installation de 28 panneaux photovoltaïques, le fournisseur Luminus a enregistré une consommation jugée techniquement invraisemblable.
- Le litige porte sur une période de dix-huit mois durant laquelle le foyer affirme n’avoir occupé qu’une partie réduite de son habitation.
Une envolée tarifaire inexpliquée pour un foyer en transition

L’installation de solutions d’autoconsommation est généralement perçue comme un rempart contre l’inflation énergétique. Pour Geoffrey, résidant à Tournai, cette promesse s’est transformée en un contentieux financier hors norme. Après avoir emménagé durant l’été 2022 dans une habitation en cours de rénovation, ce père de famille a souscrit un contrat auprès de Luminus, le principal fournisseur d’énergie sur le marché belge. Si l’offre initiale prévoyait un tarif situé entre 0,83 et 0,85 euro par kilowattheure, la situation a basculé dès septembre 2022, lorsqu’une alerte interne de l’opérateur a signalé une consommation anormalement élevée sur sa ligne. Le montant réclamé par le fournisseur atteint désormais 54 000 euros pour une période de dix-huit mois seulement.
Le paradoxe d’une production solaire majeure
Ce dossier soulève des interrogations techniques majeures quant à la fiabilité des mesures de consommation. Le propriétaire dispose en effet de 28 panneaux solaires sur son toit, une installation d’envergure capable de couvrir une part significative des besoins d’un foyer standard. Geoffrey précise que durant la période estivale, la production électrique aurait dû virtuellement annuler tout prélèvement sur le réseau public. De plus, la famille vit dans une maison encore largement en chantier, n’occupant que deux pièces et utilisant un poêle à pellets comme source principale de chauffage. La présence de 28 panneaux photovoltaïques rend l’ampleur de cette facturation particulièrement inexplicable au regard des habitudes de vie du foyer.
Une impasse financière et un changement de matériel salutaire
Face à l’impayé, le fournisseur d’énergie a proposé un étalement de la dette sur 24 mois, ce qui reviendrait à des mensualités de plus de 2 000 euros, une somme insupportable pour ce ménage qui craint aujourd’hui une saisie immobilière. Toutefois, un élément nouveau semble accréditer la thèse d’un dysfonctionnement technique : depuis le remplacement récent du compteur et le changement de fournisseur, la consommation enregistrée est redevenue marginale, s’élevant à moins de cinq euros par jour. Le remplacement du compteur a entraîné une chute drastique de la consommation enregistrée, renforçant les doutes sur l’exactitude des relevés précédents. En l’absence d’un accord ou d’une reconnaissance d’erreur par l’opérateur historique, le litige demeure entier et les factures restent dues.