- La socialiste Yvette Roudy est décédée le mardi 18 août 2026 à l’âge de 97 ans à Cabestany.
- Elle a été la première ministre des Droits de la femme sous la présidence de François Mitterrand, de 1981 à 1986.
- On lui doit des réformes historiques comme le remboursement de l’IVG et la loi de 1983 sur l’égalité professionnelle.
- De nombreuses personnalités de gauche, dont François Hollande, ont salué le parcours d’une militante féministe universaliste.
Une figure historique du féminisme s’éteint
Yvette Roudy, ancienne ministre et figure historique du Parti socialiste, s’est éteinte le mardi 18 août à l’âge de 97 ans. Son décès est survenu dans la matinée au sein d’une résidence médicalisée située à Cabestany, dans les Pyrénées-Orientales, où elle séjournait depuis trois ans, comme l’a confirmé son neveu, Jean-Pierre Saldou. La disparition d’Yvette Roudy marque la perte d’une figure pionnière des luttes pour l’émancipation féminine en France. Son engagement politique et associatif laisse une empreinte indélébile dans l’histoire des institutions républicaines.
La première titulaire d’un ministère de plein exercice
Bien que Françoise Giroud ait précédemment occupé le poste de secrétaire d’État à la Condition féminine à partir de 1974 sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, Yvette Roudy a marqué l’histoire en franchissant une nouvelle étape institutionnelle. Nommée par François Mitterrand en 1981, elle fut la première à diriger un ministère de plein exercice consacré exclusivement aux droits des femmes. Elle occupera cette fonction de premier plan au sein des gouvernements socialistes de l’époque jusqu’en 1986, œuvrant sans relâche à l’intégration des problématiques d’égalité au plus haut niveau de l’État.
Des réformes majeures et un héritage durable
Durant son passage au gouvernement, cette militante de la première heure a porté des réformes sociétales d’une importance majeure. Parmi ses combats les plus marquants figurent le remboursement de l’interruption volontaire de grossesse par la Sécurité sociale et la loi de 1983 sur l’égalité professionnelle. On lui doit également la reconnaissance officielle du 8 mars comme Journée internationale des droits des femmes en France, l’impulsion de la parité en politique, ainsi que les premières initiatives d’envergure pour la féminisation des noms de métiers, transformant ainsi durablement le quotidien et le statut légal des citoyennes.
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Les hommages unanimes de sa famille politique
L’annonce de sa disparition a suscité de vives réactions et un profond respect, particulièrement au sein de la gauche et des organisations féministes. L’ancien président François Hollande a rendu hommage à une « femme de convictions et de combats », tandis que la sénatrice socialiste Laurence Rossignol a rappelé l’immensité de son héritage législatif. De son côté, la Grande loge féministe de France, dont elle était membre, a salué son action menée dans une perspective féministe universaliste. Ses anciens compagnons de route et de nombreuses associations ont salué une femme de convictions qui a contribué à changer durablement la société française.