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lundi 7 septembre 2026
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Esclavage : un comité de l’ONU appelle les États à mettre en œuvre des réparations

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Esclavage : un comité de l'ONU appelle les États à mettre en œuvre des réparations
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L’essentiel
  • Le **CERD** estime que les États ayant participé à la traite transatlantique sont « juridiquement tenus » de réparer les préjudices causés.
  • La recommandation concerne **182 pays**, dont la **France**, les **États-Unis** et le **Royaume-Uni**, pour la déportation de **12,5 millions** d’Africains.
  • Bien que non contraignant juridiquement, le texte prône une « justice réparatrice » incluant indemnisations, restitutions et réformes structurelles.

Un tournant dans la reconnaissance internationale des préjudices

Le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale (CERD) a publié une nouvelle interprétation de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale. Selon cet organe de l’ONU, les États ayant pris part, de manière directe ou indirecte, à la traite transatlantique des Africains sont désormais considérés comme ayant l’obligation juridique de réparer les dommages issus de l’esclavage. Cette prise de position marque une étape importante dans la reconnaissance internationale des conséquences durables et systémiques de la traite négrière. La juriste libérienne Pela Boker-Wilson, experte auprès du comité, souligne que ce document s’appuie sur le constat historique de la déportation de plus de 12,5 millions d’êtres humains sur une période de quatre siècles.

Une définition élargie de la justice réparatrice

La notion de réparation défendue par le comité dépasse le cadre d’un simple versement monétaire pour s’inscrire dans une démarche globale de « justice réparatrice ». Cette approche englobe l’indemnisation financière, mais aussi la restitution de biens culturels, la réhabilitation des victimes, des réformes institutionnelles profondes et des garanties de non-répétition. Le CERD affirme que l’écoulement du temps ne saurait effacer la nécessité de traiter les séquelles persistantes de l’esclavage racialisé au sein des sociétés contemporaines. Au-delà des États, le comité pointe également la responsabilité d’acteurs privés, tels que des établissements bancaires, des compagnies d’assurance ou des institutions universitaires, les appelant à ouvrir leurs archives et à contribuer aux réparations à la hauteur des bénéfices qu’ils ont historiquement tirés de ce commerce.

Une portée symbolique face aux divergences diplomatiques

Sur le plan strictement légal, ce texte ne dispose d’aucune force contraignante immédiate : un État qui choisirait de l’ignorer ne s’expose à aucune sanction internationale ou procès devant une cour de justice. Toutefois, il possède un « poids d’autorité significatif » qui pourrait être invoqué par des avocats ou des organisations civiles lors de débats publics ou de litiges nationaux. La question des réparations continue de diviser la communauté internationale, comme l’illustre l’abstention de la France et de l’Union européenne lors d’un vote à l’ONU en mars 2026. Si certains pays, à l’image des Pays-Bas avec la création d’un fonds de 200 millions d’euros en 2022, ont entamé des démarches concrètes, d’autres nations manifestent des réserves quant à la mise en place d’une hiérarchie entre les crimes contre l’humanité.

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De l’indemnisation des colons à la réparation des victimes

La demande actuelle de l’ONU contraste singulièrement avec certains précédents historiques, notamment le cas d’Haïti. En 1825, l’ancienne colonie avait été contrainte de verser 150 millions de francs-or à la France pour obtenir la reconnaissance de son indépendance, une somme destinée à dédommager les anciens colons de Saint-Domingue. L’évolution du droit international tend désormais à placer la réparation des préjudices subis par les populations asservies au cœur des responsabilités étatiques. Le CERD exhorte chaque nation concernée à élaborer des plans d’action assortis d’échéances précises, estimant que les excuses officielles ne peuvent se substituer à des mesures concrètes de réparation.

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Écrit par
Inès Moreau

Traite les questions de société : justice, éducation, santé publique, travail et faits de société.