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- Selon une étude de Green-Acres, 54 % des acquéreurs internationaux hésitent désormais à acquérir un bien en France.
- Le marché de la résidence secondaire représente pourtant 5,8 milliards d’euros d’investissements par an sur le territoire national.
- Quatre départements clés concentrent l’essentiel de ces capitaux : les Alpes-Maritimes, Paris, le Var et la Haute-Savoie.
- Face à ce climat d’incertitude, l’Italie, l’Espagne et le Portugal captent une part croissante de ces investissements.
Un signal d’alarme pour l’attractivité française

L’image de stabilité qui faisait autrefois le prestige de la France auprès des investisseurs internationaux subit un érosion préoccupante. Alors que le pays traverse une période de fortes secousses politiques et sécuritaires, l’intérêt des acquéreurs étrangers pour le marché immobilier national marque un coup d’arrêt brutal. Plus d’un acheteur étranger sur deux hésite aujourd’hui à concrétiser son projet immobilier en France. D’après une enquête menée au troisième trimestre 2026 par le fondateur de la plateforme Green-Acres, Benoît Galy, le taux de doute chez les prospecteurs internationaux atteint 54 %. Ce chiffre traduit un doublement du niveau d’inquiétude par rapport aux mesures effectuées l’année précédente, révélant une détérioration rapide de la confiance accordée au territoire français.
L’impact du désordre institutionnel et de l’insécurité
Cette réserve massive des investisseurs s’explique en premier lieu par la perception d’un climat politique chaotique et d’un climat social dégradé. Les scènes de violences urbaines, marquées par des dégradations d’équipements publics et d’hôtels de ville à la mi-octobre, ont bénéficié d’une large couverture médiatique à l’international, renforçant le sentiment de vulnérabilité des institutions. L’accumulation des émeutes et la perspective de tensions politiques majeures dégradent gravement l’image de marque de l’Hexagone. De surcroît, le paysage politique fracturé, caractérisé dans l’opinion internationale par la perspective d’un affrontement direct entre le Rassemblement national et La France insoumise lors de l’élection présidentielle de 2027, nourrit les craintes d’une instabilité durable. Pour les observateurs étrangers, l’absence de visibilité réglementaire et fiscale devient un frein majeur à la projection sur le long terme.
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Des milliards d’euros d’investissements menacés localement
Le recul de l’engagement étranger représente un risque direct pour l’économie locale et le secteur du bâtiment. D’après les données fournies par les notaires de France, les transactions réalisées par les acquéreurs non-résidents totalisent 5,8 milliards d’euros sur une période de douze mois. La détérioration du climat de sécurité met directement en péril plus de 3 milliards d’euros d’investissements concentrés sur quatre départements. Les territoires les plus exposés sont l’épicentre du tourisme de prestige : les Alpes-Maritimes, Paris, le Var et la Haute-Savoie. À lui seul, le département des Alpes-Maritimes capte 1,3 milliard d’euros d’achats venant de non-résidents sur la période 2025-2026. L’affaiblissement de cette manne financière menace l’écosystème artisanal et commercial de ces zones géographiques à fort rayonnement.
Le report des capitaux vers le sud de l’Europe
Face aux incertitudes qui pèsent sur l’Hexagone, les flux financiers se réorientent vers des nations perçues comme plus stables et accueillantes. L’Europe méridionale apparaît comme la première bénéficiaire de cette redistribution des cartes immobilières. La concurrence des pays du Sud de l’Europe s’intensifie, portée par une fiscalité plus séduisante et une stabilité préservée. Parmi les investisseurs sondés ayant renoncé ou hésitant à acheter en France, 20 % indiquent privilégier l’Italie, 13 % se tournent vers l’Espagne et 7 % choisissent le Portugal. Ce mouvement d’évitement ne concerne plus seulement les acheteurs internationaux : de nombreux Français, retraités ou actifs, cèdent également à l’attrait de ces destinations offrant un coût de la vie maîtrisé et un cadre réglementaire pacifié.