- Le ministère américain de la Défense a annoncé un contrat de 22,9 milliards de dollars avec Raytheon.
- L’objectif est de porter la capacité de production annuelle des missiles de croisière Tomahawk de 60 à 1 000 unités.
- Cet investissement s’inscrit dans un contexte d’épuisement des stocks de munitions, exacerbé par les besoins des forces armées et la guerre au Moyen-Orient.
- Le contrat s’étend sur une période de sept ans.
Un investissement majeur pour les missiles de croisière Tomahawk
Le Pentagone a officialisé, lundi 17 août, la signature d’un contrat d’une valeur de 22,9 milliards de dollars avec l’industriel de défense Raytheon (RTX). Cet accord vise à « accélérer » significativement la production de missiles de croisière Tomahawk. Selon les termes du contrat, étalé sur sept ans, l’objectif est d’atteindre une capacité de production annuelle de 1 000 missiles, un bond spectaculaire par rapport aux 60 unités fabriquées annuellement jusqu’à présent par le groupe. Hung Cao, ministre délégué par intérim à la Marine, a salué cette initiative, déclarant que « s’assurer que nos forces navales et nos forces conjointes ont la puissance de feu létale dont elles ont besoin pour prévenir toute agression et protéger la patrie est essentiel ».
Des stocks de munitions sous pression
Cette décision intervient dans un contexte de pénuries de munitions, une situation principalement attribuée à la guerre contre l’Iran, qui a fortement entamé les réserves américaines. Le Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS) estime que près d’un tiers des stocks de Tomahawk américains, soit environ 850 missiles, ont été utilisés contre l’Iran ces derniers mois. Ces missiles de croisière à longue portée, capables d’atteindre des cibles à plus de 1 600 kilomètres, sont principalement tirés depuis des sous-marins ou des navires. Malgré les alertes de l’opposition démocrate et de plusieurs experts concernant l’assèchement des stocks, l’administration Trump a vigoureusement démenti ces allégations.
Un besoin de réarmement étendu aux intercepteurs
L’effort de réarmement ne se limite pas aux Tomahawk. Une analyse du CSIS publiée en juillet a également mis en lumière une forte réduction des réserves américaines de missiles intercepteurs, qui sont distincts des Tomahawk. Selon le centre de recherche, les États-Unis possédaient plus de 2 300 intercepteurs Patriot et 450 systèmes de défense THAAD en début d’année, des stocks qui auraient été au moins divisés par deux depuis le début du conflit le 28 février. En réponse à cette situation, le ministère de la Défense avait déjà annoncé en juillet un autre contrat majeur de 58,6 milliards de dollars sur sept ans avec Lockheed Martin, cette fois pour la production de missiles Patriot, promettant des livraisons à une « vitesse inégalée ».