- Une enquête révèle que 46 personnes présentées comme des journalistes tués à Gaza étaient en réalité membres du Hamas ou du Jihad islamique.
- Parmi elles, Mohammad Jarghoun, initialement recensé comme reporter décédé, a été formellement identifié comme un combattant actif d’Al-Qassam.
- Plusieurs organisations internationales ont été contraintes d’entamer des vérifications et de modifier leurs bilans officiels.
Des combattants armés figurant dans les bilans de journalistes tués

Plusieurs dizaines de personnes présentées comme des journalistes indépendants tués dans la bande de Gaza étaient en réalité des membres actifs de la branche armée du Hamas ou du Jihad islamique palestinien. Une récente investigation journalistique révèle que 46 personnes comptabilisées dans les bilans des décès de reporters appartenaient à ces organisations armées, certaines ayant même pris part aux attaques du 7 octobre 2023. Parmi ces cas documentés figure celui de Mohammad Jarghoun, âgé de 28 ans, initialement présenté comme un collaborateur de l’agence Smart Media. Sa nécrologie publiée par la branche armée du Hamas l’a pourtant célébré comme un combattant d’Al-Qassam, photo en uniforme et arme à l’épaule à l’appui. Au total, 27 de ces personnes sont qualifiées de commandants par les groupes armés et 18 appartenaient à des unités de communication militaire.
Les organisations internationales revoient leurs décomptes officiels
Cette situation jette le doute sur la fiabilité des bilans officiels recensant les journalistes tués au cours du conflit à Gaza. Face à ces éléments, plusieurs organisations internationales ont commencé à réviser leurs données. Reporters sans frontières a d’ores et déjà retiré Mohammad Jarghoun de ses listes, tandis que la Fédération internationale des journalistes (FIJ) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) ont entamé des procédures de vérification. La FIJ a ainsi discrètement supprimé huit noms de son fichier sans communication officielle préalable. Ces organisations concèdent qu’il s’agit d’un travail d’évaluation permanent et évolutif, rendu complexe par la duplicité de certains profils sur le terrain.