- La justice iranienne a condamné à la peine capitale Taraneh Rahimi et Leila Abolhasani pour leur participation aux manifestations de janvier.
- Il s’agit des premières condamnations à mort prononcées contre des femmes en lien direct avec cette vague de contestation populaire.
- Au total, les autorités de Téhéran ont déjà exécuté 29 hommes pour des faits liés à ces rassemblements.
Deux condamnations à la peine capitale prononcées en Iran

La justice iranienne a condamné deux femmes à la peine de mort pour leur participation aux manifestations de janvier dernier, ont rapporté plusieurs organisations de défense des droits humains. Taraneh Rahimi, âgée de 20 ans, et Leila Abolhasani, âgée de 43 ans, ont été jugées dans des affaires distinctes à Ispahan, l’un des principaux foyers des rassemblements. Taraneh Rahimi a été condamnée aux côtés de neuf hommes à la suite d’incidents ayant causé deux morts, tandis que Leila Abolhasani est accusée d’avoir incendié un commerce durant les troubles. Les avocats de la défense ont dénoncé des irrégularités majeures, affirmant n’avoir eu accès qu’à une infime partie des dossiers et ayant manqué de temps pour étudier les preuves. Le cas de Leila Abolhasani a été renvoyé devant la Cour de cassation pour examen.
Un durcissement inédit de la répression contre les manifestantes
Ces verdicts marquent un tournant dans la réponse judiciaire des autorités iraniennes face à la contestation. Bien que Téhéran ait déjà exécuté 29 hommes pour des faits liés aux manifestations, aucune femme n’avait encore été condamnée à mort ou exécutée dans ce cadre spécifique. En revanche, au moins seize femmes ont déjà été exécutées depuis le début de l’année pour d’autres infractions. Les ONG de défense des droits de l’homme craignent que ces condamnations n’ouvrent la voie à une nouvelle série d’exécutions de prisonnières politiques, alors que les procès se déroulent dans des conditions jugées inéquitables et sans garanties réelles pour la défense.