Un effondrement glaciaire a provoqué mercredi 27 août au matin une crue catastrophique de part et d’autre de la frontière séparant le Népal du Tibet. Le bilan provisoire fait état d’au moins 180 morts et de plus de 1 300 personnes portées disparues, dont un grand nombre d’étrangers.
Un séisme de magnitude 5,2 déclenché par la glace
L’Institut d’études géologiques des États-Unis a enregistré une secousse de magnitude 5,2 qui n’était pas d’origine tectonique : elle a été provoquée par l’effondrement lui-même et par la coulée de débris qui a suivi. C’est ce signal sismique qui a permis de dater et de localiser l’événement avec précision.
Les spécialistes parlent de vidange brutale de lac glaciaire. Une masse de glace cède en amont, libère d’un coup l’eau retenue derrière elle, et le mélange d’eau, de boue et de blocs dévale les vallées à une vitesse contre laquelle aucune alerte ne peut grand-chose.
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Deux vallées très fréquentées par les marcheurs
La catastrophe a frappé deux vallées situées au nord et à l’est de Katmandou, dans une zone que randonneurs et alpinistes parcourent en nombre à cette saison. C’est ce qui explique la proportion inhabituelle d’étrangers dans le bilan.
Côté népalais, l’agence de gestion des urgences dénombre au moins 177 morts et 644 disparus, dont 517 étrangers. Côté chinois, les médias d’État rapportent au moins trois morts et 558 disparus, dont 260 étrangers. Ces chiffres restent provisoires : l’accès aux vallées touchées demeure difficile.
Un risque que le réchauffement multiplie
Les vidanges brutales de lacs glaciaires ne sont pas nouvelles dans l’Himalaya, mais leur fréquence augmente avec le recul des glaciers. La fonte forme en amont des poches d’eau retenues par des barrages de glace et de moraine, instables par nature. Plus les glaciers reculent, plus ces poches sont nombreuses et volumineuses.
La région himalayenne concentre les plus grandes réserves de glace hors des pôles, et des dizaines de millions de personnes vivent en aval de ces vallées. La surveillance de ces lacs, encore partielle, est devenue un enjeu de protection civile autant que de recherche.