- L’archipel du Vanuatu a déposé une requête devant la Cour internationale de justice (CIJ) contre la France.
- Le litige concerne la souveraineté des îles inhabitées de Matthew et Hunter, revendiquées depuis 1980.
- Ces deux îlots de moins d’un kilomètre carré garantissent à la France une zone économique exclusive de 350 000 kilomètres carrés.
- La procédure ne pourra débuter que si Paris accepte formellement la compétence de la Cour pour ce différend.
Une offensive juridique devant la justice internationale

Le Vanuatu passe à l’offensive sur le terrain juridique pour tenter de résoudre un différend territorial vieux de plusieurs décennies. L’État insulaire du Pacifique a officiellement déposé une requête devant la Cour internationale de justice (CIJ) afin d’engager une procédure contre la France. Au cœur de cette démarche se trouve la contestation de la souveraineté française sur deux confettis terrestres isolés : les îles Matthew et Hunter, nommées localement Umaenupne et Umaeneg/Leka. Cette initiative judiciaire marque un tournant dans les relations bilatérales entre Port-Vila et Paris, qui s’opposent sur ce dossier depuis près d’un demi-siècle.
Un enjeu géopolitique et maritime majeur
Situés à environ 300 kilomètres des côtes du Vanuatu et à plus de 400 kilomètres de la Nouvelle-Calédonie, ces deux îlots volcaniques et inhabités représentent une superficie cumulée inférieure à un kilomètre carré. Pourtant, leur importance stratégique est considérable. En effet, la possession de ces terres permet à la France de revendiquer une zone économique exclusive (ZEE) d’environ 350 000 kilomètres carrés dans cette région du globe. Le contrôle de cet espace maritime offre d’importantes perspectives en matière de souveraineté régionale. Le Vanuatu conteste ce découpage et réclame également l’établissement d’une frontière maritime unique entre sa propre ZEE et celle de la Nouvelle-Calédonie.
Une rivalité historique depuis la décolonisation
La discorde autour de ces îles remonte à l’accession du Vanuatu à l’indépendance en 1980, mettant fin au condominium franco-britannique des Nouvelles-Hébrides. Depuis cette date, le jeune État n’a cessé de revendiquer ces territoires comme faisant partie intégrante de son patrimoine national. De son côté, la position française demeure inflexible : il n’est pas question pour Paris de céder la moindre parcelle de sa souveraineté sur ces espaces. Les discussions politiques, bien que régulières à l’image des rencontres au sommet entre les dirigeants des deux nations, n’ont jamais permis d’aboutir à un compromis satisfaisant. La France maintient une position stricte de conservation de ses territoires d’outre-mer, sanctuarisant sa présence dans le Pacifique Sud.
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Un dénouement suspendu au consentement de Paris
Malgré la détermination du Vanuatu, l’examen de cette affaire par la CIJ reste fortement hypothétique. Selon le règlement de la cour onusienne basée à La Haye, l’ouverture officielle d’un procès requiert le consentement mutuel des parties concernées. En l’espèce, les juges internationaux ne pourront se prononcer sur le fond du dossier que si la France choisit de reconnaître expressément leur compétence pour trancher ce litige frontalier. L’avenir de cette procédure juridique dépend désormais entièrement de la réponse diplomatique française, alors que Paris privilégie traditionnellement les discussions directes pour régler ses différends territoriaux.