- Une nouvelle journée de mobilisation nationale pour le climat est organisée ce samedi 26 septembre sur l’ensemble du territoire national.
- En Alsace, un record de cinq marches simultanées est annoncé à Strasbourg, Colmar, Mulhouse, Guebwiller et Saint-Louis.
- Le mouvement, soutenu par l’association Alsace Nature et plusieurs syndicats, exige un renforcement immédiat des plans d’adaptation gouvernementaux.
Le retour de la contestation de rue face aux choix de l’exécutif

L’activisme environnemental tente de retrouver un second souffle en investissant de nouveau l’espace public après une parenthèse de plusieurs années. Ce samedi 26 septembre, plusieurs manifestations sont prévues à travers le territoire national afin de réclamer un durcissement des politiques de transition et d’adaptation face au dérèglement climatique. Ce mouvement national vise à interpeller directement les décideurs publics sur leur gestion de la crise écologique et à leur demander des comptes précis. Les organisateurs n’hésitent pas à cibler nommément la présidence de la République pour justifier leur colère. Le collectif national derrière cette journée d’action s’appuie en effet sur une déclaration d’Emmanuel Macron datant de l’hiver 2022, prononcée quelques mois après les incendies mémorables de la Gironde : « Qui aurait pu prédire la crise climatique ? ». Pour les militants de gauche et les écologistes, cette formule présidentielle relève d’un manque d’anticipation flagrant, affirmant que la situation était déjà largement documentée et prévisible. Les organisateurs entendent interpeller directement le chef de l’État en contestant ses déclarations passées sur l’imprévisibilité de la crise. Face à ce qu’ils qualifient d’inaction, ils exigent désormais des comptes de la part des gouvernants et un changement de logiciel politique.
L’Alsace, laboratoire d’une mobilisation régionale morcelée
La région alsacienne se distingue particulièrement lors de cette journée d’action nationale avec l’annonce de cinq rassemblements simultanés dans ses principales agglomérations. Cette dispersion géographique constitue une première historique pour le territoire alsacien, qui n’avait jamais connu autant de défilés coordonnés le même jour. Jusqu’alors, la mobilisation pour le climat dans les départements du Rhin suivait un rythme beaucoup plus centralisé et intermittent, marqué par les crises successives. Les archives du militantisme local rappellent qu’en 2018 et 2019, seules deux marches avaient été organisées par an. L’année 2020, profondément perturbée par la crise sanitaire du Covid-19 et les restrictions de déplacement, n’avait vu se tenir qu’un unique rassemblement à Strasbourg, parvenant tout de même à réunir un millier de participants. En 2021, l’activité reprenait timidement avec deux défilés, avant une année 2022 plus active comptant quatre rendez-vous distincts dans la région. Depuis lors, et à l’exception notable d’une « marche de résistance » isolée en septembre 2025, la rue était restée calme sur ce front en Alsace. Avec cinq rassemblements simultanés, la région alsacienne enregistre un nombre inédit de manifestations pour une même journée. Cette multiplication des points de rassemblement pose la question de l’éparpillement des forces militantes ou, au contraire, d’une tentative de décentralisation de la contestation vers des villes de taille moyenne.
Une plateforme revendicative élargie aux thèmes de la gauche globale
Au-delà de la stricte question environnementale et de la préservation de la biodiversité, la plateforme de cette mobilisation nationale illustre une tendance lourde de la gauche radicale : la convergence des luttes. Le collectif organisateur ne se contente pas de demander des mesures techniques pour le climat, mais associe étroitement ses revendications à la préservation du vivant, à la recherche de la paix et à la « justice sociale ». Cette extension du domaine de la contestation montre une volonté d’unifier des causes diverses sous une même bannière idéologique. Sur le plan pratique, les manifestants réclament la mise en œuvre de trois plans distincts : un plan d’urgence, un plan d’atténuation et un plan d’adaptation. L’argumentaire des organisateurs repose sur l’idée d’une inéluctabilité de la hausse des températures, affirmant que l’été à venir surpassera inévitablement le précédent en intensité calorifique. Ils soutiennent qu’il est illusoire de vouloir s’adapter indéfiniment à une situation que les choix économiques actuels continuent d’alimenter. La convergence des luttes s’exprime à travers des revendications qui dépassent largement le cadre strictement environnemental. En refusant l’idée d’une adaptation infinie à ce qu’ils désignent comme une catastrophe, les militants cherchent à imposer un agenda de rupture globale.
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Cartographie d’un réseau militant structuré par les corps intermédiaires
Pour mener à bien cette journée sur le terrain, les organisateurs s’appuient sur un réseau local structuré, mêlant associations de protection de l’environnement et structures syndicales traditionnelles. En Alsace, le principal relais associatif de l’événement est la structure Alsace Nature, qui apporte sa logistique et sa légitimité historique aux côtés de plusieurs syndicats. Cette alliance structure les parcours dans les différents bastions de la région pour maximiser la visibilité des manifestants. À Strasbourg, le rendez-vous est fixé à 14 heures sur la place de la République. À Colmar, la mobilisation prend une tournure plus politique et conviviale avec un pique-nique militant dès 11 heures au Champ de Mars, suivi d’un village associatif et d’une marche à 14 heures. À Guebwiller, les opposants se réuniront à 14 heures 30 au parc de la Marseillaise, tandis qu’à Mulhouse, le défilé démarrera dès 11 heures à l’intersection de l’avenue Aristide-Briand et de la rue de Pfastatt. Enfin, la commune de Saint-Louis accueillera son rassemblement à 14 heures 30 au Forum. L’appui logistique et militant d’Alsace Nature et des organisations syndicales locales assure la coordination de ces différents défilés. Cette organisation très territorialisée démontre la capacité des structures militantes traditionnelles à quadriller le terrain, bien décidées à peser sur le débat public local.