- Le gouvernement a publié au Journal officiel la nouvelle liste triennale des espèces d’animaux susceptibles d’occasionner des dégâts.
- Des espèces comme le renard, la fouine ou la pie bavarde pourront être piégées ou tuées toute l’année sous certaines conditions.
- La Ligue de protection des oiseaux dénonce un non-sens économique et a annoncé un recours devant le Conseil d’État.
Publication de la liste des animaux nuisibles
Le ministère de la Transition écologique a publié au Journal officiel l’arrêté fixant la liste des « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » (ESOD). Renouvelée tous les trois ans, cette réglementation encadre la régulation d’animaux jugés problématiques pour les activités humaines, notamment agricoles. Parmi les espèces concernées figurent le renard, la fouine, la martre, la belette, le corbeau freux, la corneille noire, la pie bavarde, le geai des chênes et l’étourneau sansonnet. Cette décision autorise la chasse, le piégeage ou le déterrage de ces animaux tout au long de l’année. L’arrêté précise toutefois certaines limites géographiques ou techniques. Par exemple, la martre, la belette et la fouine ne peuvent être piégées qu’à moins de 250 mètres d’un bâtiment, d’un élevage particulier ou professionnel, ou encore sur des terrains d’exploitation avicole ou apicole.
Une mesure contestée par les défenseurs de l’environnement
Les associations environnementales s’opposent fermement à ce texte réglementaire. Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), dénonce un non-sens économique et scientifique, s’appuyant sur des arguments partagés par certains chercheurs. La LPO a d’ores et déjà annoncé son intention de déposer un recours devant le Conseil d’État afin de faire annuler cet arrêté. Une étude du Muséum national d’histoire naturelle, parue dans la revue Biological Conservation, soutient également que l’éradication massive de ces animaux ne réduit pas les pertes financières ni ne contribue à la baisse des effectifs de manière durable. Les détracteurs de la mesure dénoncent ainsi une décision dictée par une minorité de la population au détriment de la faune sauvage.