- Le Canada a publié une liste de contre-tarifs douaniers ciblant les États-Unis en réponse aux taxes imposées par Donald Trump.
- La Maison-Blanche dénonce un déficit commercial de 48,3 milliards de dollars, principalement lié aux importations d’énergie.
- Les autorités américaines accusent Ottawa de pratiques déloyales sur le lait et les automobiles, des griefs partiellement contestés par les faits.
Une intensification du conflit tarifaire

Le gouvernement canadien a franchi une nouvelle étape dans le bras de fer commercial qui l’oppose aux États-Unis en publiant la liste officielle des produits américains désormais soumis à des contre-tarifs. Cette décision fait suite à l’imposition de droits de douane par l’administration de Donald Trump. En réaction immédiate, la Maison-Blanche a diffusé un argumentaire dénonçant ce qu’elle qualifie d’abus de la part de son voisin du Nord. Parmi les griefs confirmés figurent l’instauration par Ottawa d’une surtaxe de 25 % sur les véhicules motorisés en provenance des États-Unis depuis avril 2025, ainsi que le retrait des alcools américains des rayons dans la quasi-totalité des provinces canadiennes. Le Canada a officialisé ses mesures de rétorsion douanière alors que la Maison-Blanche intensifie ses critiques contre les pratiques commerciales d’Ottawa.
Des données économiques sous haute tension
L’exécutif américain appuie son offensive sur des indicateurs financiers, notamment un déficit commercial bilatéral qui a atteint 48,3 milliards de dollars en 2025. Ce solde négatif est toutefois largement imputable au secteur de l’énergie, les États-Unis ayant importé pour 111 milliards de dollars de ressources énergétiques canadiennes. Le débat se cristallise également sur les produits laitiers : si Washington dénonce des taxes frôlant les 300 %, ces tarifs ne s’appliquent qu’au-delà de certains quotas qui, selon les données techniques, n’ont pas été dépassés l’an dernier. De même, les accusations concernant le blocage de la certification des avions Gulfstream sont contredites par les autorisations de vol récemment accordées par les autorités de régulation. Cette escalade verbale et tarifaire fragilise les relations économiques nord-américaines tout en révélant des divergences sur l’interprétation des données du commerce bilatéral.